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Les propositions des candidats à l’élection présidentielle pour les étudiants

A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, Le M, vous propose de revenir sur les principales mesures annoncées par les 12 candidats en lice à l’égard des étudiants. Au programme : réforme du lycée, Parcoursup, mesures de lutte contre la précarité étudiante et insertion professionnelle. Les informations ci-dessous sont celles communiquées par les candidats au moment de la rédaction de l’article. Les candidats sont classés par ordre alphabétique. 

Par Gilles Kalfa, rédacteur pour le M


Nathalie ARTHAUD (LO)

Aucune information n’a été communiquée par la candidate au moment de la rédaction de cet article.

Nicolas DUPONT-AIGNAN (DLF)

Nicolas Dupont-Aignan s’oppose à la réforme du lycée et du baccalauréat et prône un retour aux anciens examens écrits et oraux. Il ne s’est pas positionné sur le maintien ou la suppression de Parcoursup à la sortie du lycée.

Seul candidat opposé à un revenu étudiant parmi ceux s’étant prononcés sur le sujet, le candidat de Debout la France propose de mettre en place un contrat de travail universel pour les jeunes. Ces derniers pourraient alors réaliser une activité d’intérêt général à mi-temps, au service des collectivités, en échange d’une allocation de réinsertion prévue par le contrat. Nicolas Dupont-Aignan propose également l’augmentation du montant des bourses octroyées aux étudiants bénéficiaires, en les conditionnant à de nouveaux critères tels que l’assiduité aux travaux dirigés et les résultats aux examens. En parallèle, Nicolas Dupont-Aignan encourage le développement et la construction de nouvelles résidences, dont l’accès serait lui aussi conditionné aux résultats scolaires des étudiants.

Au sujet de l’insertion professionnelle, le candidat souhaite exonérer les emplois étudiants des cotisations, valoriser les « entreprises qui font l’effort de s’impliquer dans l’apprentissage », et travailler sur une mesure d’adaptation des horaires de travail des apprentis mineurs. Ces mesures seraient complétées par un service national obligatoire de 3 mois, pendant lesquels les jeunes pourraient passer leur permis de conduire.

Anne HIDALDO (PS)

Opposée à la réforme du lycée et du baccalauréat, Anne Hidalgo souhaite réintégrer les mathématiques au tronc commun et revoir le calendrier des épreuves. Elle veut également mettre fin à Parcoursup, au profit d’un « accompagnement humain de l’orientation des jeunes » doublé d’une « augmentation significative des conseillers » et des places à l’université.

La candidate du PS vise la création d’un « minimum jeunesse » de 564 euros pour les plus de 18 ans, et souhaite leur faire bénéficier d’une « dotation en capital » de 5 000 euros pour financer leurs projets professionnels et personnels. En cas d’élection, elle fera en sorte de renforcer l’accès aux filières professionnelles et de rendre toutes les formations conciliables avec un travail ou une alternance.

Yannick JADOT (EELV)

A l’instar d’Anne Hidalgo, Yannick Jadot ne veut pas réformer le lycée ni le baccalauréat, et privilégie un retour des mathématiques dans le tronc commun avec une révision du calendrier des épreuves. S’il est élu, le candidat écologiste supprimera Parcoursup et ajoutera entre 60 000 et 100 000 places supplémentaires à l’université, dès la première année.

Pour lutter contre la précarité étudiante, M. Jadot propose le versement automatique de 740 euros par mois à tous les jeunes à partir de leurs 18 ans. Enfin, il ambitionne de développer des filières professionnelles pour « tous les métiers et toutes les bonnes branches ».

Jean LASSALLE (Résistons !)

Jean Lassalle se dit opposé à la réforme du lycée et du baccalauréat, mais favorable à un retour d’une forme de diplôme national sans distinctions. Il ne s’est pas prononcé sur le maintien ou la suppression de Parcoursup à la sortie du lycée.

Le candidat pyrénéen propose de créer un RSA étudiant pour tous les étudiants âgés de 18 à 25 ans, et souhaite les aider en leur proposant de souscrire un prêt étudiant de 20 000 euros à taux zéro, qui serait garanti par l’Etat. En parallèle, la gratuité des transports publics serait élargie aux étudiants, ou bien des tarifs préférentiels seraient établis pour les jeunes.

En ce qui concerne l’insertion professionnelle, Jean Lassalle souhaite verser une aide financière aux TPE et aux PME, en plus de la défiscalisation sur l’embauche des apprentis pour les grandes entreprises. Il souhaite développer davantage de passerelles entre les formations générales et les voies professionnelles, tout en réservant un quart des places en IUT et en université aux élèves issus de baccalauréats professionnels.

Marine LE PEN (RN)

Comme la plupart de ses adversaires, Marine Le Pen s’oppose à la réforme du lycée et du baccalauréat ; en particulier, elle veut revenir aux anciennes filières S, ES et L du baccalauréat général, supprimées à la rentrée scolaire de septembre 2019. Elle ne s’est pas positionnée sur le maintien ou la suppression de Parcoursup à la sortie du lycée.

Afin de faire face à la précarité étudiante, la candidate du RN octroiera, en cas d’élection, un « complément de revenu versé par l’Etat » aux jeunes travaillant à côté de leurs études ; il s’élèvera à 20% de leur revenu et sera plafonné à 200 euros mensuels. Ces chiffres passent à 30% et 300 euros mensuels pour les étudiants boursiers. Enfin, elle prévoit d’exonérer les moins de 30 ans de l’impôt sur le revenu et de rendre les transports publics gratuits aux 18-25 ans pendant les heures creuses.

D’un point de vue professionnel, les entrepreneurs de moins de 30 ans ne paieraient plus l’impôt sur les sociétés durant leurs 5 premières années d’activité.

Emmanuel MACRON (LREM)

Seul candidat positionné de la sorte, Emmanuel Macron est favorable non seulement à la réforme du lycée et du baccalauréat, pour laquelle il souhaite replacer les mathématiques et autres enseignements fondamentaux dans le tronc commun, mais aussi au maintien de Parcoursup, afin de « poursuivre le travail d’amélioration de l’orientation » initié par la plateforme.

         Face à la précarité étudiante, le Président sortant souhaite instaurer un revenu étudiant allant de 850 à 1 000 euros nets par mois, créer 30 000 places supplémentaires dans le parc social et 80 000 autres logements pour les jeunes, mais également rétablir les bourses au mérite pour les étudiants ayant obtenu une mention « Très bien » au baccalauréat.

          Pour faciliter l’insertion professionnelle, le candidat LREM souhaite poursuivre le développement de l’alternance dans tous les lycées professionnels et dans les licences professionnelles en 3 ans, tout en simplifiant les démarches administratives pour les entreprises et les jeunes.

Jean-Luc MÉLENCHON (LFI)

          Jean-Luc Mélenchon veut mettre un terme à la réforme du lycée et du baccalauréat ainsi qu’à la plateforme Parcoursup : pour les premiers, il compte supprimer le contrôle continu, au nom de l’égalité et de l’anonymat des lycéens ; pour le second, il désire rendre l’accès aux études gratuit et sans sélection, ouvrir de nouvelles universités et créer des postes d’enseignants supplémentaires.

          Pour aider financièrement les étudiants, le candidat LFI instaurera, en cas d’élection, une « garantie d’autonomie » de 1 063 euros net par mois pour les étudiants de plus de 16 ans étant détachés du foyer fiscal de leurs parents.

          En matière d’emploi est envisagée une garantie d’emploi, qui permettrait à un chômeur de longue durée d’être embauché dans un « secteur utile », au SMIC. Ce dernier serait, lui, revalorisé à hauteur de 1 400 euros net.

Valérie PECRESSE (LR)

         Valérie Pécresse s’oppose à la réforme du lycée et du baccalauréat ; elle regrette en particulier la fin des filières. En revanche, elle n’est ni pour ni contre le maintien de Parcoursup ; ayant soutenu la plateforme à sa mise en place en 2018, elle plaide aujourd’hui pour qu’elle devienne un « outil transparent, basé sur le mérite et la motivation », dont l’algorithme serait rendu public.

         La candidate LR envisage l’instauration d’un revenu étudiant de 670 euros pour les jeunes se formant dans les métiers en manque d’effectifs, ainsi que la création d’une « banque des jeunes » qui contracterait des prêts, garantis par l’Etat et destinés à financer des études ou un projet professionnel.

          Dans le même registre, Valérie Pécresse veut supprimer les charges patronales pour les entreprises de moins de 10 salariés qui recruteront des apprentis en alternance. 

Philippe POUTOU (NPA)

Philippe Poutou s’est déclaré opposé à la réforme du lycée et du baccalauréat, à la faveur d’un diplôme national sans distinctions inscrit dans les conventions collectives, et contre Parcoursup et la sélection à l’entrée de l’université.

Le candidat du NPA promeut la mise en place d’un « présalaire d’autonomie » pour tous les jeunes âgés de 18 à 25 ans, qui s’élèverait à 75% du SMIC. Ce dernier serait, revalorisé à hauteur de 1 800 euros (le « présalaire d’autonomie » voulu par Philippe Poutou s’élèverait ainsi à 1 350 euros net).

Fabien ROUSSEL (PCF)

Comme nombre de ses adversaires, Fabien Roussel s’oppose à la réforme du lycée et du baccalauréat et privilégie un retour à des « épreuves nationales communes à tous les élèves ». De même, il se dit contre Parcoursup et réfléchit à la place à un investissement « massif » sur 5 ans, pour créer des places dans les filières en tension.

  En cas d’élection, le candidat du PCF créera un revenu étudiant allant de 850 à 1 000 euros par mois, multipliera par 3 le parc immobilier du Crous pour le faire passer de 175 000 à 250 000 logements, ouvrira le RSA aux moins de 25 ans et rendra le permis de conduire, les transports en commun et les TER gratuits pour les moins de 25 ans.

          Au sujet de l’insertion professionnelle, il compte obliger les grandes et moyennes entreprises à réserver 10% de leurs nouvelles embauches aux moins de 25 ans.

Éric ZEMMOUR (Reconquête!)

Si Éric Zemmour s’oppose à la réforme du lycée et du baccalauréat, il ne s’est en revanche pas positionné sur le maintien ou la suppression de Parcoursup. En effet, il souhaite supprimer le contrôle continu au lycée, pour éviter la surnotation des professeurs, et rendre les algorithmes de Parcoursup publics. Il souhaite également que la sélection s’appuie sur des critères uniquement scolaires. S’il est élu, il interdira la discrimination positive.

  Pour aider les étudiants en situation de précarité, le candidat de Reconquête! désire supprimer les frais de notaire pour les primo-accédants de moins de 25 ans qui achètent un bien immobilier de moins de 250 000 euros de valeur.

 Enfin, en cas d’élection, il exonérera de charges sociales toutes les entreprises qui embaucheront en CDI deux apprentis.