Décryptage de l’orientation des programmes qui incarnent la qualité des formations d’emlyon business school avec la doyenne des programmes

Décryptage de l’orientation des programmes qui incarnent la qualité des formations d’emlyon business school avec la doyenne des programmes

Ce qui fait le rayonnement d’emlyon business school, outre son réseau de plus de 37 500 alumni, c’est également la qualité de ses formations. C’est pourquoi, pour le deuxième article de la série Au cœur de Confluence 2025, après l’interview d’Isabelle Huault, nous avons interviewé Annabel-Mauve Bonnefous afin d’en apprendre davantage sur la construction des programmes et leur nouvelle orientation. 


“Les personnes importantes de cette école, ce sont les étudiantes et étudiants.”

Pouvez-vous vous présenter, comment êtes-vous arrivée au directoire ? 

Je suis docteur en sciences de gestion et enseignante-chercheuse spécialisée en leadership, sens politique des dirigeants et développement durable. J’ai travaillé pendant 16 ans à HEC Paris, et j’ai développé en parallèle la stratégie d’enseignement en développement durable de Neoma business school. A HEC, j’ai assuré la direction académique de plusieurs programmes d’Executive Education, notamment en formation sur mesure. J’y ai développé une passion pour la conception, la gestion et l’amélioration continue des programmes. J’ai poursuivi ma carrière à Toulouse Business School (TBS) en prenant la direction du PGE, des Masters spécialisés et des Masters of Science.

Un chasseur de tête est venu me chercher alors que j’étais en poste à TBS afin d’intégrer le nouveau directoire d’emlyon. A ce moment-là, j’étais pleinement satisfaite de mon travail et je n’avais pas songé à changer de poste. Mais après de longues discussions et mûre réflexion, j’ai sauté le pas. Le projet m’a beaucoup plu. La rencontre décisive a été celle avec Isabelle Huault, Présidente du directoire. Du fait de mon enfance en Afrique Centrale, j’ai grandi en ayant des convictions et de fortes valeurs d’engagement sociétal. Je connaissais Isabelle Huault au travers de ses écrits scientifiques et je savais que son projet ambitieux était sincère et réaliste, et que nous allions le réussir ensemble.

“Au sein du directoire, nous nous entendons très bien, tout se connecte très rapidement.” 

Il est rare dans une carrière d’avoir la chance de travailler dans une équipe composée de membres qui ont été sélectionnés pour œuvrer dans leur domaine de compétences, qui sont alignés en termes de valeurs et qui partagent la même vision pour notre école. Au sein du directoire, nous nous entendons très bien, tout se connecte très rapidement, il est très facile d’avancer, ce qui permet de travailler dans une ambiance saine et agréable avec un niveau d’exigence très élevé.

Quelles sont vos missions au sein du Directoire ?

Je suis Doyenne des programmes, cela correspond au titre anglais « Dean of programs », c’est un titre mondialement reconnu, symbole d’un haut niveau d’exigence académique et scientifique, qui facilite les échanges avec les  institutions académiques internationales. 

Au sein du directoire, je participe à la réflexion stratégique du groupe, qui est évidemment impulsée par la présidente, et mon travail est de déployer cette stratégie sur l’ensemble des formations du groupe emlyon. Ma mission est de gérer et de développer le portefeuille de formations de manière cohérente, harmonisée et innovante sur les différents campus : Paris, Ecully, Lyon, Saint-Etienne, Shanghai, Casablanca, Bhubaneswar et Bombay. 

Au quotidien, je manage les équipes dédiées aux programmes, soit 188 personnes, organisées en 11 pôles d’activités. J’ai bien sûr des directeurs pour chaque pôle avec qui je collabore étroitement pour assurer la qualité et la mise en œuvre des formations. Je pilote les aspects stratégiques, humains, organisationnels et financiers du portefeuille de programmes.

Nous venons de créer le Student Services Center, qui est le regroupement des aides et du soutien quotidien aux étudiants incluant l’accueil, le Student Affairs, le Welcome Desk, etc. afin de clarifier la structure pour les étudiants et leur offrir une qualité de service optimale.

Les personnes importantes de cette école, ce sont les étudiantes et étudiants. Toute l’école doit s’organiser pour leur garantir une qualité d’étude et une employabilité optimale.

Peut-on faire un focus sur le PGE ? Que souhaitez-vous changer ?

“Nous souhaitons aussi mixer les effectifs PGE et MBA i.e. mélanger les étudiants avec des managers […] Cela permettra aux générations précédentes de mieux comprendre les étudiants et appréhender leurs talents et leurs attentes.” 

Après avoir analysé le fonctionnement du Programme Grande Ecole (PGE), nous avons identifié les améliorations à apporter. A commencer par la clarté des parcours. Aujourd’hui, il y a 282 électifs et les étudiants ont parfois du mal à choisir et à construire leur parcours. Dans ce but, nous construisons des outils issus de l’intelligence artificielle pour modéliser des parcours possibles en fonction des envies et des compétences de l’étudiant.

Ensuite, nous souhaitons densifier et renforcer la première année, c’est-à-dire augmenter le nombre d’heures de cours en présentiel, ajouter un nouveau cours “Agir pour le climat”, renforcer la RSE dans tous les cours dispensés, développer les cours en sciences sociales et humanités et enfin, renforcer certains cours pour que tous les étudiants aient des bases extrêmement robustes dans la gestion d’entreprise avant d’appréhender leur deuxième année et de choisir leur(s) spécialisation(s).

Au regard des besoins des entreprises, nous travaillons également sur la possibilité de délivrer des certifications de compétences inscrites au Répertoire spécifique et au RNCP (ndlr : répertoire national des certifications professionnelles), dont l’acquisition se ferait dans le choix de certains cours et parcours. Ce système est celui de la formation continue que nous souhaitons élargir à la formation initiale. Autant que vous preniez de l’avance dès la Grande Ecole !

“Un de nos objectifs est d’accroître la sélectivité et la diversité à l’entrée du PGE. […] Notre ambition est également d’augmenter le nombre d’étudiants boursiers au sein de l’école.”

Nous souhaitons aussi mixer les effectifs PGE et MBA afin de mélanger les étudiants avec des managers, pour qu’ils voient directement l’application pratique des cours. Cela permettra aux générations précédentes de mieux comprendre les étudiants et appréhender leurs talents et leurs attentes, et pourquoi pas élargir leur réseau au sein d’emlyon. De la même façon, nous souhaitons consolider la place des alumni dans le corps professoral, que ce soit en tant qu’intervenant ou pour des témoignages qui peuvent inspirer les étudiants.

Un de nos objectifs est d’accroître la sélectivité et la diversité à l’entrée du PGE. La sélectivité n’est pas un problème car les étudiants recrutés à emlyon ont un excellent niveau, mais il y a eu une augmentation importante des effectifs sur les quatre dernières années, ce qui n’a pas été particulièrement bien perçu. Pour cela, nous avons déjà réduit de 100 places le concours AST cette année. De plus, nous souhaitons attirer encore plus d’excellents étudiants internationaux et en provenance de filières différentes : prépas scientifiques, littéraires, écoles d’ingénieurs, sciences politiques, sciences humaines et sociales ou sciences de la vie et de la terre, etc. Notre ambition est également d’augmenter le nombre d’étudiants boursiers au sein de l’école. 

Cette démarche stratégique sur la Grande École est menée en collaboration avec Sylvie Jean, la directrice du PGE. Je suis sa supérieure hiérarchique mais nous travaillons en tant que pairs et nous nous connaissons depuis plusieurs années. Il s’agit réellement d’une démarche de co-construction dans laquelle nous incluons aussi les étudiants et le corps professoral afin d’affiner le modèle. 

“Pour le PGE, nous réduisons les cours en digital la première année car les étudiants qui entrent à l’école changent radicalement de système d’apprentissage […] ce qui nécessite plus de présence sur site.”

Quid des doubles diplômes et de l’hybridation ?

La réflexion autour des doubles diplômes et de l’hybridation part du principe que demain, vous aurez des trajectoires professionnelles très denses, vous devrez donc être les plus créatifs et performants possibles, en sachant notamment combiner les connaissances de différentes sciences, afin de devenir des “hauts potentiels“.

Rappelez-vous que le Shinkansen, le TGV japonais, a été inspiré de la forme du bec d’un martin-pêcheur, qui lui permet d’entrer dans l’eau sans éclaboussures. En vous apportant des connaissances en Art, en design, en sciences de l’ingénieur ou en philosophie, nous renforçons vos compétences en innovation et en réflexion pour diriger les entreprises de demain.

Comment réussir à intégrer cela dans un programme ?

Selon le type de partenariats signés et la branche étudiée, cette hybridation peut se matérialiser par une double diplomation, des échanges d’étudiants pour un semestre ou encore des projets étudiants en commun. Par exemple, penser que des étudiants puissent devenir designer en une année d’échange alors qu’il faut quatre ans pour valider un diplôme est illusoire, c’est pourquoi nous travaillons sur un échange de trois mois afin de permettre aux étudiants d’emlyon de vivre et travailler au quotidien avec des personnes qui choisissent cette voie et où, à l’inverse/de manière réciproque, les étudiants en design apprennent à emlyon, le marketing de l’innovation.

Avec le parcours à la carte, les étudiants d’emlyon ont la chance de pouvoir saisir ce type d’opportunités d’hybridation des connaissances, même en troisième ou quatrième année, alors qu’avec un parcours plus strict, ce serait impossible.

Quid du digital ?

Le digital a montré ses forces et ses limites durant la période COVID. Nous allons garder ses forces. Cela passe par une offre digitale adaptée aux besoins de chaque étape du parcours de l’étudiant au sein d’emlyon. Pour le PGE, nous réduisons les cours en digital la première année car les étudiants qui entrent à l’école changent radicalement de système d’apprentissage et ils doivent s’ancrer dans une nouvelle communauté, ce qui nécessite plus de présence sur site. 

En revanche, de nombreux étudiants en fin de parcours souhaitent pouvoir valider leurs derniers crédits ECTS à distance, soit parce qu’ils ont une proposition d’embauche à l’issue d’un stage, soit parce qu’ils créent une start-up, ou pour d’autres raisons. Nous leur proposerons donc des blocs de compétences en dernière année qui pourront être validés à distance.

Quid de l’internationalisation ?

“L’objectif est de signer 30 nouveaux partenariats minimum dans les 4 prochaines années.”

La question de l’internationalisation est fortement liée à la situation sanitaire et à la possibilité ou non de se rendre à l’international. A court terme, nous étudions de nouvelles possibilités de visite virtuelle, tout en restant raisonnable dans la mesure où à moyen et long terme, nous souhaitons évidemment vous permettre de passer plus de temps à l’international via la circulation entre les campus emlyon, le développement de doubles-diplômes et des échanges semestriels avec de prestigieuses universités partenaires. L’objectif est de signer 30 nouveaux partenariats minimum dans les 4 prochaines années. De la même façon, nous souhaitons faire venir plus d’étudiants internationaux à Lyon pour permettre aux étudiants de vivre l’interculturalité de façon forte dès leur intégration.

Nous travaillons également sur la conception de parcours et de programmes sur les campus emlyon à l’international qui font sens en termes d’ancrage territorial. Le campus de Bombay par exemple se concentrera sur les questions d’entrepreneuriat social pour des raisons évidentes et pour le campus de Bhubaneshwar, nous nous spécialisons dans le sport.

Que pensez-vous de la reconduite du grade de master à 3 ans au lieu de 5 ans ?

Pour moi, ce renouvellement du grade pour une durée de 3 ans est dû à un mauvais timing : le comité est venu interroger l’école à un moment de transition, avant l’arrivée du nouveau directoire. En aucun cas, il ne faut penser que ce résultat est la conséquence d’une baisse de qualité d’emlyon. C’est un concours de circonstances. L’obtention du grade de licence en décembre dernier pour le Global BBA en est la preuve. Ne vous en faites pas, nous allons renouveler ce grade pour cinq ans très prochainement. emlyon est et restera une des écoles les plus audacieuses et les plus exigeantes d’Europe.

RETOUR SUR LE PARCOURS D’ANNABEL-MAUVE BONNEFOUS

Docteur en sciences de gestion, de l’organisation et de la décision et avant de rejoindre emlyon business school, Annabel-Mauve a enseigné pendant 16 ans le leadership, la responsabilité sociale des entreprises et l’intelligence politique des dirigeants à HEC Paris dans le cadre de l’Executive Education. Elle y était directrice académique et pédagogique de plusieurs programmes sur mesure destinés aux cadres et aux dirigeants d’entreprise. Parallèlement à ce poste, elle était professeur associée à NEOMA business school à temps partiel, avant de prendre la tête du département “Hommes et Organisations” de NEOMA composé de 42 professeurs et intervenants en management et en leadership. En 2018, elle devient Directrice du Programme Grande École, des Mastères spécialisés et des Masters of Science sur les 5 campus de Toulouse business school, elle crée 27 MSc et le premier certificat d’Excellence en « Soft Skills ». En 2020, elle devient la Doyenne des programmes diplômants à emlyon business school.

Par Carole Zheng et Colin Faguet, rédacteurs chez Verbat’em