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Zoom sur la stratégie RSE de Veolia

Par Nathan Pinet

L’entreprise française a récemment présenté son projet “impact 2023” qui explique notamment les aspects environnementaux et sociaux de la  stratégie du groupe.

Présentation 

Veolia est une multinationale française qui commercialise des services de gestion du cycle de l’eau, gestion et valorisation des déchets et gestion de l’énergie à une clientèle composée de collectivités locales et d’entreprises. Elle a été créée en 1853 sous le nom de la Compagnie Générale des Eaux. Celle-ci garde ce nom jusqu’en 1998, date à laquelle elle devient Vivendi. Ce n’est qu’en 2003 que la société devient Veolia. Le groupe emploie aujourd’hui plus de 163 000 salariés sur les cinq continents et réalise un chiffre d’affaires de 27,189 milliards d’euros.

Le Président-Directeur Général du groupe, Antoine Frérot, a présenté en février dernier son plan “impact 2023” qui prévoit, notamment, 5 milliards d’euros d’investissements dans des activités comme le recyclage des plastiques.

Un PDG engagé pour un nouveau monde de l’entreprise

Il est connu pour avoir développé une pensée singulière sur le monde de l’entreprise. Cet ingénieur des ponts, des eaux et des forêts, diplômé de Polytechnique et de l’École nationale des ponts et chaussées, rejoint la compagnie générale des eaux en 1990. En juin 2000, il est nommé membre du directoire de Vivendi Environnement et directeur général de la Connex, division transport du groupe. C’est en 2009 qu’il devient le président-directeur général du groupe.

Il conçoit l’entreprise comme une “aventure humaine” et déplore un partage inégal de ses fruits. Il évoque notamment l’idée d’en finir avec l’opposition entre le capital et le travail. En 2018, dans les colonnes du Monde, il déclarait notamment : “Une entreprise, pour se développer, a besoin d’un projet, d’une utilité. C’est parce qu’une entreprise est utile qu’elle est prospère, et non l’inverse.” Il affirme en ce sens son soutien au projet de réforme du code civil sur l’objet social de l’entreprise.

Quels engagements ?

Le groupe indique vouloir réinvestir l’ensemble des ses actifs investis dans le charbon dans les énergies renouvelables d’ici 2030. Aussi, 15 millions de tonnes de CO2 devaient être évitées en 2023 en encourageant le recyclage, l’efficience énergétique des bâtiments, etc. 

Screenshot issu du rapport “Impact 2023”, Veolia

L’entreprise mise aussi sur un nouveau type de management en annexant les bonus des cadres de direction sur les performances de l’entreprise, tant au niveau des performances financières (50%) qu’au niveau des performances ESG (30%) et de “critères qualitatifs” (20%).

Pour allier santé financière et engagement environnemental fort, Veolia mise sur des secteurs à forte croissance comme celui du recyclage du plastique, secteur dans lequel elle souhaite augmenter fortement ses revenus.

Le secteur du plastique est en effet en plein essor, notamment grâce au dynamisme européen et asiatique en la matière.

L’entreprise s’attaque également à la pollution atmosphérique et aux particules fines en travaillant sur un procédé de purification de l’air intérieur sur les lieux de travail. Un test est en cours en France dans des écoles à Le Raincy. Veolia travaille également sur les questions alimentaires en misant sur des solutions de transformation des déchets organiques et d’insectes en protéines pour les animaux mais aussi sur des solutions d’agriculture urbaine. Enfin, la firme travaille sur l’adaptation au changement climatique en développant des solutions de gestion de crise, notamment sur les problématiques de transport de l’eau. 

Les stratégies RSE dans les grands groupes, véritable engagement ou poudre aux yeux ?

Les dirigeants de grands groupes sont régulièrement accusés de ne prendre que des mesures de communication sans réelle volonté de transformation. “Il y a une bonne dose de greenwashing et de social washing dans leur démarche ,et bien peu d’actions à la hauteur des enjeux. Les banques ne sont pas guéries de tous leurs penchants d’avant la crise de 2008. Les pétroliers restent accrochés à la production d’or noir et les constructeurs automobiles aux 4×4 urbains gros émetteurs de CO2. Les géants du Net sont devenus des quasi-monopoles menaçant les libertés. Quant à la fièvre salariale des grands patrons, elle n’est pas retombée. Trop peu de sociétés ont changé leur raison sociale” indiquait par exemple le patron de Patagonia, entreprise considérée par beaucoup comme pionnière dans le développement durable et les questions RSE.

Il y a une bonne dose de greenwashing et de social washing dans leur démarche, et bien peu d’actions à la hauteur des enjeux.

Il est sûr qu’en raison de son secteur d’activité, Veolia ne peut être mis dans le même panier que de nombreuses entreprises puisque son coeur d’activité est directement en lien avec l’énergie, le développement durable, l’accès à l’eau, etc.

Quelles opportunités pour de jeunes diplômés ? 

Les directions RSE de grands groupes attirent de plus en plus les jeunes diplômés en quête de sens dans leur travail. Les rémunérations y sont jugées relativement attractives pour le secteur (développement durable) mais certains employés regrettent un manque de clarté quant aux perspectives d’évolutions  en raison du caractère nouveau de ces professions. 

L’aventure vous tente ? 

Chez Veolia, vous n’êtes pas considéré comme un employé mais un “ressourceur”. L’entreprise ambitionne de devenir l’entreprise de référence pour la transformation écologique. Si l’aventure vous tente, vous pouvez les retrouver sur leur page Welcome To The Jungle. De nombreux alumni emlyon ont déjà sauté le pas.


Sources :

veolia.com

“Impact 2023”, Veolia 

Le Monde

Unsplash 

Wikipédia