Career Center – emlyon careers forum : interview de Marc PÉRENNÈS

Career Center – emlyon careers forum : interview de Marc PÉRENNÈS

Le statut d’étudiant est avantageux à bien des égards – réductions sur les places de cinéma, bons plans en tout genre, gratuité des musées – mais il faut manifestement entrer dans la vie active un jour ou l’autre. L’employabilité est une des marques vendeuses des écoles de commerce, aussi vous ont-elles peut-être fait miroiter une insertion professionnelle sans effort. La réalité est autre, la démarche employabilité est un ensemble de méthodes techniques à maîtriser et de comportements proactifs à adopter. Dans cette course vers l’employabilité, emlyon en a fait un de ces points d’attention depuis toujours. Sa mission : “développer les compétences des individus afin qu’ils réussissent leur épanouissement personnel et professionnel, tout au long de leur vie, en étant des acteurs influents au sein d’organisations responsables et compétitives, quelle que soit la région du monde”.

Derrière ce mot “employabilité”, se cache une équipe de 25 personnes – sans compter les 50 consultants carrière associés – au sein de ce que nous avons l’habitude d’appeler le Career Center. Au-delà de ce que propose le Career Center, d’autres composantes de votre parcours à emlyon concourent au même objectif ! Pris dans l’organisation des Vocation Days et du careers forum – mais pas que ! – il est temps de faire un zoom sur ce département de l’école, sur ses ambitions, ses projets, ses réalisations et son fonctionnement. Pour cela, je suis partie à la rencontre de Marc Pérennès, le Directeur employabilité et Career Center d’emlyon business school.

Spoiler : la première édition digitale du traditionnel careers forum de janvier arrive bientôt (11, 12 et 13 janvier), Marc Pérennès vous explique son fonctionnement et donne ses astuces et conseils pour briller le jour J face aux entreprises de vos rêves ! Poursuivez la lecture, tout est dans l’article ! Pour les plus impatients faites un CTRL + F.  


Diplômé du PGE 1996 emlyon business school, Marc Pérennès, âgé de 48 ans, aujourd’hui marié et père de 4 enfants, n’a cessé de créer des ponts au cours de sa carrière à la croisée des chemins entre France et Allemagne, puis entre recruteurs et candidats. À commencer par sa première expérience professionnelle entre deux années à emlyon en Suisse alémanique à Berne au sein de ce qui allait devenir quelques années plus tard la filiale suisse de la SNCF. S’ensuivent plus de 5 années en Allemagne : stage à Munich au siège de BMW, double-diplôme à l’Université de la Sarre, commercial pendant 16 mois pour une PME française dans sa filiale berlinoise puis prospecteur d’investisseurs au sein de “l’ambassade économique” de la région Rhône Alpes à Stuttgart pour y vendre les mérites des territoires rhônalpins aux porteurs de projet locaux. Il travaille ensuite 7 années en tant que délégué général d’un réseau de distribution dans le bâtiment où il négocie avec de nombreux fabricants allemands notamment. De retour en France, c’est toujours tourné vers l’international que son désir d’évoluer professionnellement le mène chez Natixis Pramex International, chargé d’accompagner les clients PME/ETI du Réseau Banque Populaire pour les régions Auvergne et Bourgogne-Franche-Comté dans leurs projets tournés vers l’international. De retour à Lyon, il se lance dans un métier qu’il a toujours voulu faire en cabinet de recrutement. Là aussi, création de ponts bien évidemment ! Licencié économique de la crise 2008, après une période de recherche d’emploi très formatrice au cours de laquelle il s’est en partie appuyé sur l’offre d’accompagnement carrière à vie de l’école et du réseau emlyon alumni, Marc Pérennès trouve son emploi à emlyon, « avec un mélange de hasard – il n’y a jamais que du hasard – il y avait aussi ce voyage dans le réseau. »  

« J’ai été à la confluence entre mon métier qui était de construire des ponts et ce thème des carrières. Ce qui explique que je m’y plais beaucoup à emlyon business school, au-delà du fait que vous vieillissez chaque année et que les étudiants, eux, ont le même âge, c’est un univers extrêmement riche. J’ai très peu d’amis qui peuvent vivre une expérience telle que je la vis en tant que staff emlyon : accès aux contenus d’enseignement et de recherche, conférences, rencontre de personnes et d’entreprises, événements en tout genre, et tout cela, dans un contexte très international. Nous venons de vivre une année difficile pour plusieurs raisons : une crise sanitaire sans précédent et une crise de management. Je suis très optimiste pour la suite avec la nouvelle équipe de direction et les 5 membres du Directoire autour d’Isabelle Huault. »

Petit rappel : L’équipe du Career Center s’organise autour de deux principaux métiers : (1) l’accompagnement carrière, ce qui va faire que chaque étudiant dans chaque programme va avoir un dispositif à la fois riche et adapté qui sert les process de l’insertion et le prépare à l’emploi et (2) la relation employeur, développer la relation avec les entreprises sur la partie emploi. L’équipe employabilité du Career Center fait partie d’une direction plus large dirigée par Aude Henou, la Direction des relations entreprises.

Carole : Pourriez-vous définir l’ “employabilité” ?

Marc : L’employabilité est déjà – entre autres – la Mission de l’école. Sa performance sur ce critère se reflète bien – et nous en sommes fiers ! – dans les résultats du classement du Times Higher Education Emerging, le Global Employability University Ranking. (NDLR : 5ème école française, 2ème business school française dans le classement international et 36ème à l’échelle mondiale, source : Times Higher Education : 6000 établissements dans 43 pays, plus de 9000 recruteurs et managers des grands groupes dans 22 pays différents ayant ensemble recruter près de 300 000 jeunes en 2020, interrogés pour donner leur opinion sur le degré d’employabilité des différents diplômés).

A emlyon, nous empruntons la définition de notre approche à la culture asiatique : nous souhaitons apprendre aux personnes à pêcher plutôt que leur donner des poissons (NDLR : proverbe chinois de Confucius : « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson »). Nous souhaitons transformer les individus pour qu’ils transforment les organisations et qu’ils puissent le faire tout au long de leur vie, sur tous les continents et le tout avec l’empreinte d’emlyon c’est-à-dire, d’être des individus qui vont, qu’importe l’univers dans lequel ils évoluent, trouver les prochaines étapes en étant responsables et autonomes. Pour la partie carrières de cette préparation, cela passe par les ateliers carrière et tous les autres services que nous proposons. Les « cours » carrières ne sont évidemment pas des cours à proprement parler avec du contenu académique ; ils s’inscrivent certes dans la même architecture qu’un cours – il y a des méthodes, des astuces à appliquer par exemple – mais l’intérêt réside dans l’interaction et la proactivité. L’étudiant ne doit pas être passif : pendant et après le « cours ». Notre mission est de rendre les étudiants autonomes sur le sujet de la recherche d’emploi, qu’elle intervienne parce que nous l’avons subie, ou parce que nous la voulons. Ensuite, des différences sur l’approche de l’employabilité apparaîtront d’autant plus si le Career Center s’établit en Inde par exemple, où les attentes d’un étudiant sont culturellement très différentes – nous y travaillons. 

C.  Justement, pour rebondir sur cette interculturalité d’emlyon avec ses nombreux campus basés sur plusieurs continents, êtes-vous la structure centrale qui gère l’ensemble ou procédez-vous avec des points relais présents dans chaque pays, qui travaillent de façon indépendante et autonome en tant que Career Center local ?

M. Avant de parler des différents pays, je vais vous parler de la France. Cela peut paraître naturel mais nous avons eu une première étape à construire à partir du moment où nous nous sommes développés sur différents campus (Saint-Etienne, Paris). Le Career Center est au service de tous les programmes allant du Global BBA post-bac jusqu’à l’Executive MBA. Nous nous adressons à tous ces publics en très bonne intelligence avec emlyon alumni qui prend la relève en matière d’accompagnement à partir de 3 ans après l’obtention du diplôme. Nous avions le souci d’être très présents sur tous les campus, ce qui veut dire recruter des personnes localement, les intégrer dans une organisation cohérente en termes de culture organisationnelle et de niveau de qualité et de performance. Même s’il doit y avoir un alignement, nous ne souhaitons pas cultiver un esprit trop vertical du type le siège prend des décisions et impose tout, et les campus exécutent. L’idée est de travailler en synergies en nous adaptant aux programmes et au contexte local. Nous avons atteint un premier niveau de maturité en France, cela nous permettra de monter plus rapidement en puissance dans un travail collectif inter-campus en France et hors-France. L’un de nos premiers soucis est d’avoir une continuité dans les programmes académiques pour éviter la rupture lorsqu’un étudiant passe d’un pays à l’autre en particulier pour le programme Global BBA qui favorise le parcours multi-campus. 

À Casablanca, le fonctionnement était historiquement plus autonome. Nous commençons à travailler ensemble de manière plus intensive. Avec la version digitale du careers forum, les étudiants de Casablanca participeront pour la première fois à cet événement. La prochaine étape sera la participation d’entreprises marocaines invitées par nos collègues d’emlyon Africa. 

Le campus de Shanghai existe depuis bien plus longtemps que celui de Casablanca, et paradoxalement, c’est là où l’activité du Career Center était la moins mature. Jusqu’alors le volume d’étudiants était assez faible, il s’agissait surtout d’étudiants français qui faisaient leur échange sur le campus chinois. Ces étudiants commençaient leur cursus d’accompagnement carrière en France et le poursuivaient à Shanghai, à distance, avec des membres de l’équipe ubiquitaires. De plus en plus d’étudiants sont recrutés localement, ce qui nécessite un accompagnement carrière direct sur le campus de Shanghai. Pour ce faire, nous venons de recruter localement une nouvelle membre venant compléter l’équipe du Career Center, Peng Peng, qui connaît très bien les métiers de l’accompagnement carrières et des relations employeurs. Les process se mettent en place très rapidement et le développement de cette collaboration est très prometteur ! Peng Peng commence déjà à développer des relations employeurs, dans le luxe notamment. L’enjeu est aussi là finalement. Prenons l’exemple d’une entreprise partenaire de l’école fortement présente en Asie, l’important est de travailler avec elle de manière à développer des actions “globales”, notamment géographiquement parlant, sur le thème du recrutement par exemple. 

Le Career Center se construit progressivement. Nous sommes ambitieux et tout va s’accélérer les mois qui viennent.

C.  Le Career Center fait beaucoup d’événements : le Careers Forum, les Vocation Days, les différents ateliers. Quelle est la logique entre ces différents événements ? Nous pouvons penser qu’il y a une itinérance réfléchie : telle étape avant telle autre étape.

M. Il n’y a rien de pire que de ne pas être préparés. Donc, oui, il y a une gradation !

Nous organisons deux grands types d’événements carrières à emlyon : le careers forum et les Vocation Days. Certains événements sont à destination des étudiants qui ont déjà eu des ateliers carrière (au total plus de 3000 heures d’accompagnement collectif et 3000 heures en individuel par an). Quand les étudiants sont bien préparés, savent ce qu’ils veulent faire, savent comment chercher un emploi, nous leur proposons à ce moment-là de rencontrer des entreprises lors d’événements de recrutement. Tout une gamme d’événements complémentaires est organisée tout au long de l’année : des conférences qui contribuent à la partie accompagnement carrière sans finalité première de recrutement ( ex. VIE/VTE, trouver un emploi en temps de crise, etc.) ou bien des événements sur-mesure animés par une entreprise donnée. L’objectif est de toujours plus muscler l’approche de l’emploi. 

Commençons par l’événement phare de l’école : emlyon careers forum. L’événement a lieu tous les ans début janvier, sur 3 jours et peut regrouper jusqu’à 160 entreprises quand cela se passe en physique : 130 grands groupes dans la partie centrale du forum, une trentaine de PME et de start-ups dans un “village” dédié. Nous pouvons aussi organiser des volets thématiques comme le corner « Jobs to change the world » avec le Noise il y a 2 ans. Nous pouvons toujours nous plaindre des immenses files d’attente devant les stands, mais je crois que cela fait complètement partie de l’expérience. Les étudiants, même s’ils doivent patienter, aiment le faire parce qu’il y a une sorte d’émulation ; c’est un moment magique, de se dire qu’il y a plein de moyens de trouver son prochain job et que c’est peut-être à ce stand, voire lors d’une conversation bénigne que je vais trouver mon stage, mon emploi, un moment où tout peut basculer. Il y a donc tout ce qui est probable, qui est calculé et puis il y a les rencontres improbables.

Nous travaillons beaucoup avec l’équipe événementielle de l’école. Cette année, le défi a été de garder le côté événementiel, sans qu’il ne le soit vraiment. (NDLR : cf. la deuxième partie de l’interview). Sur les 2 premiers jours, vous pourrez rencontrer des entreprises tous secteurs confondus, le troisième jour est consacré à l’audit et au conseil. Cette année exceptionnellement, un quatrième jour sera consacré aux PME et aux start-ups – habituellement présentes les mêmes jours : le 19 janvier réunira ainsi une trentaine d’entreprises. C’est aussi un moment pour retrouver l’école, que nous soyons jeunes diplômés ou diplômés expérimentés – un peu plus de 200 diplômés reviennent à l’école pour représenter leur entreprise. Le slogan d’emlyon alumni dit “We share more than memories“. C’est un peu ça. Dès que nous en faisons revenir un, c’est super !

Venons-en maintenant aux Vocation Days. Les “Vocation Days” sont un format d’événement créés par l’équipe à partir des anciennes “Tables rondes métiers”. Cet événement qui n’avait lieu qu’une fois tous les ans s’est transformé en un événement régulier qui a lieu 5 à 10 fois dans l’année. Nous donnons la possibilité à 4-5 entreprises de gagner en visibilité en prenant la parole sur une thématique. Dans ce format, nous retrouvons une conférence type table-ronde, suivie d’un coffee chat qui permet aux étudiants, dans un cadre informel, d’échanger avec les opérationnels et les campus managers. Il est aussi possible de s’inscrire à des entretiens en face-à-face, même si la finalité première n’est pas le recrutement, mais plutôt d’avancer sur le sujet de la “vocation” en échangeant avec des représentants d’entreprises. Parfois, cela va plus loin et c’est tant mieux ! 

C. Quelles sont les ambitions et les nouveaux objectifs du Career Center ?

M. Nous avions deux objectifs avant la période COVID : étendre la gamme d’événements et toucher plus de campus. Ce que nous aurons appris cette année, c’est que les règles d’un calendrier sur deux périodes sont désuètes et que nous pouvons faire des événements plus régulièrement ! Nous avions le souci d’en faire davantage entre campus et davantage en anglais afin d’adresser encore mieux les besoins des étudiants non-français. C’est le cas cette année ! Nous avons beaucoup plus d’événements en anglais.

Nous développons de nouveaux formats comme l’International meet-up, un événement avec un focus sur l’international. Qu’est-ce que le défi de l’international pour l’école ? Trouver des opportunités de jobs à l’étranger pour nos étudiants – cela a évidemment de la valeur. Que les étudiants non-français puissent aussi trouver des opportunités dans leur pays ou dans des pays tiers. Leurs besoins sont au cœur de nos préoccupations puisqu’une grande partie de ceux qui viennent se former en France, souhaitent y débuter leur carrière – ou bien en Europe. 

J’ai forcément oublié d’autres formats mais l’idée principale derrière tout cela, c’est de multiplier les rencontres, de sélectionner des employeurs qui ont envie d’avoir des diplômés et des étudiants d’emlyon dans leur entreprise, et dont les diplômés et les étudiants ont eux-mêmes envie.

Nous développons aussi beaucoup de projets dans la préparation à l’emploi. Je pense notamment aux tracks spécifiques pour des processus de recrutement élitistes : les plus connus sont le Investment banking Track et le Track Conseil en stratégie. Je le disais dans une interview pour Consultor.fr : les étudiants d’emlyon n’ont jamais été aussi bien préparés au conseil en stratégie. Chaque année, c’est près de 150 étudiants qui candidatent et 40 étudiants qui sont sélectionnés pour y participer. Cette année, nous lançons un track “Graduate Programs” et nous travaillons également avec des étudiants – ils se reconnaîtront sûrement ! – sur un Track “Tech”. 

Un dernier axe de développement est la sensibilisation des étudiants sur le thème des PME et ETI qui manquent de visibilité. Sans nous opposer aux carrières dans les grands groupes, nous souhaitons montrer qu’il existe d’autres carrières possibles dans d’autres structures avec également de belles opportunités d’évolution. 

C. Vous aviez parlé de thématiques pour les Vocations Days. À quand les Vocation Days sur le thème de la culture ou du secteur public ?

M. C’est souvent une question de temps utile dans l’agenda annuel. Nous ne pouvons pas organiser des événements toute l’année, il faut donc choisir les thèmes. Nous testons des sujets. Nous pourrions aussi nous dire que cela ne sert pas la place de l’école dans les classements. Mais nous devrions le faire, cela répond à une vraie demande de la part des étudiants, la preuve, votre question ! Je vous propose de travailler ensemble sur une liste d’acteurs cibles à inviter et d’animer une table-ronde ! Nous pourrions aussi collaborer avec l’association la plus pertinente sur ce sujet (à condition qu’elle s’engage à nous faciliter le lien avec le mandat suivant pour pérenniser l’événement en cas de succès). 

C.  C’est la première édition digitale du careers forum. Comment garantir une expérience immersive et personnalisée aux étudiants et aux entreprises comme le permettaient les éditions précédentes ? Comment le careers forum se déroulera-t-il ?

 M. Ce n’est pas évident. Il ne faut pas faire de fausses promesses : il n’y aura pas de coin restaurant pour les entreprises avec un ambassadeur étudiant qui les accompagnerait le temps d’une journée, ni d’espace d’échange convivial où se réuniraient des anciens élèves revenus au campus. Dans le careers forum en temps normal, le repas est un point qui peut paraître accessoire, mais est en réalité très apprécié par les entreprises. Nous avons essayé de maintenir le plus possible une dimension expérientielle ; cela a été au cœur de notre réflexion. 

Le careers forum sera rythmé de temps forts :

  • Un mot de bienvenue pour ouvrir chaque journée, le premier jour avec celui d’Isabelle Huault ;
  • Le mot de conseil de Welcome to the jungle aux étudiants toutes les matinées avant l’ouverture des stands ;
  • Des conférences à thème choisi par les employeurs qui pourront s’adresser aux étudiants de manière privilégiée : nous proposons aux entreprises qui le souhaitent de pouvoir animer une conférence dans la journée.  

Cette édition sera digitale, la différence avec les forums organisés dans d’autres écoles, réside dans le choix de la solution que nous avons décidée d’utiliser pour nos événements online. Le cahier des charges était clair : nous voulions une solution de qualité qui nous permette d’avoir une bonne expérience utilisateur des deux côtés et de garder une dose de personnalisation pour qu’emlyon reste toujours chez soi. Nous avons testé la solution TalentSpace pendant les Vocation Days ; c’est celle que nous avons retenue pour la suite. Vous rencontrerez les recruteurs au cours des conférences, sur les  stands ouverts ou lors d’entretiens individuels ; tout est maintenu finalement ! Les retours des participants étaient très positifs. Le Career Center a beaucoup investi dans la formation des étudiants et des entreprises afin de prendre en main l’outil et permettre aux étudiants d’être performants et à l’aise le jour J. 

C. Quelle est l’attitude des entreprises face à ce type d’événement de recrutement direct dans les écoles alors que leur propre entreprise – les grands groupes – commencent parfois à supprimer des postes ? Avec quelle mentalité arrivent-elles ?  

M. La question est de savoir à quel point les entreprises sont touchées par cette crise et tout dépend finalement du secteur dans lequel elles exercent. Concernant les entreprises qui viennent au forum, deux cas de figure se présentent : soit elles ne sont pas extrêmement touchées par la crise et de fait recrutent derrière, soit elles le sont mais décident de conserver le lien avec les étudiants pour ne pas reproduire les erreurs de la crise de 2008. Certaines entreprises avaient alors fait du stop-and-go dans le recrutement, avaient tout arrêté et l’ont regretté après. Il y a un savant dosage en réalité. Se dire que même si nous ne venons pas recruter, nous souhaitons garder du lien avec les talents. Ensuite, si une entreprise vient dans un forum, elle vient sûrement avec des offres, sinon, elle crée de la déception. Au-delà de conserver du lien, les entreprises sont aussi là pour proposer autre chose et conseiller les étudiants. 

C. Quelles sont les entreprises qui seront présentes ? Combien seront-elles ? 

M. Il y a les entreprises fidèles à l’event d’emlyon, qui reviennent chaque année et ceux qui y participent pour la première fois ! À ce jour, près de 110 entreprises se sont inscrites pour participer à l’une des trois journées. Nous avons aussi invité des acteurs comme Business France pour vous parler du VIE et bpifrance pour vous parler du VTE (en plus de son rôle de recruteur). Chaque jour, vous pourrez rencontrer environ 30 entreprises différentes. C’est assez bien au regard de la situation. 

C. Quelles sont les bonnes pratiques avant, pendant et après le Careers Forum ?

M. Pour un étudiant qui n’a pas juste suivi scolairement les cours carrière, qui s’est approprié les sujets, je dirais de bien appliquer ce qui a été appris. Vous avez des bases solides, vous êtes préparé(e), ayez confiance en vous !

Plus généralement, dans l’avant Careers Forum, très important en temps normal, mais d’autant plus en période COVID, soyez préparé(e) ! Les employeurs ont l’habitude de voir beaucoup de candidats. Il n’y a rien de pire que d’avoir l’air et de donner l’air de n’avoir rien préparé. C’est quelque chose de sérieux. Vous allez potentiellement “juste” trouver votre stage, mais vous allez peut-être écrire les premières pages et les premières années de votre vie professionnelle ! Certes, il ne s’agit pas forcément du seul endroit, ni moment, ni seule possibilité de trouver un emploi mais cela reste possible. Être préparé(e) signifie savoir appliquer des choses techniques – savoir se présenter – mais aussi savoir ce que nous voulons et savoir comment le dire. Si une personne ne sait pas encore ce qu’elle veut, il ne suffit pas d’arriver à l’événement la bouche en cœur puisque l’interlocuteur ne pourra pas plus vous aider. Il faut bien le dire. Prenons un exemple : “je suis en 2ème année, j’ai telle expérience, j’ai fait telle chose. Je me pose beaucoup de questions. J’en ai une en particulier qui … et j’aimerais en discuter avec vous.”

Plus particulièrement en période de COVID (avant et pendant), je dirais qu’il faut :

– Se familiariser avec les outils que vous allez utiliser puisque vous serez sur des stands en ligne. Le Career Center propose des sessions de formation, vidéo de formation sur l’emlyon Career Center by JobTeaser : comment fonctionne la plateforme ? Comment s’inscrire en amont ? Qu’est-ce que vous pouvez préparer ? Le careers forum augmenté a certes des inconvénients, mais nous y trouvons aussi des avantages : si vous allez sur un stand, le recruteur peut automatiquement sélectionner votre profil – si ce dernier l’intéresse – le visualiser, le sauvegarder en le mettant directement dans son dossier. L’employeur a accès à : toute la CVthèque du forum, le profil de toutes les personnes s’étant inscrites sur son stand, il peut sélectionner un CV, organiser des RDV dans des slots, … Soyez le plus prêt(e) possible !

– Si vous n’êtes pas encore inscrit(e) sur la plateforme Talentspace, faites-le très vite en cliquant sur ce lien ! Créez votre profil et importez votre CV en suivant les instructions du Career Center. 

– Aller voir la partie ressources du Career Center : travailler votre projet, sachez ce que vous voulez…

– Savoir s’informer en amont sur l’entreprise, avoir une culture de l’économie et des entreprises, savoir quel secteur recrute, préparer des plans B, etc.

– J’ajouterais un point, qui a été conforté par la crise. Nous entendons beaucoup parler des softs skills, au point que certains ont pu penser que c’était du “pipeau”. La crise a été le révélateur des soft skills des étudiants qui ont dû mobiliser de multiples ressources pour y faire face. Je pense notamment à la résilience, la capacité d’adaptation, la (pro)réactivité et l’empathie. Les entreprises en ont aussi conscience.

À savoir :

Marc Pérennès cherche sa perle rare en tant que stagiaire pour l’accompagner dans le développement du projet “Carrières en PME/ETI à emlyon” aux côtés des équipes de bpifrance ! Vous pouvez devenir son “bras droit” ! Cela vous intéresse ? N’hésitez plus et candidatez au poste sur le lien : https://hr.em-lyon.com/fr/job/em-fr/742-bras-droit-chef-de-projet-f-h-fr/