Le service public, acteur clé du  développement durable

Le service public, acteur clé du développement durable

Souvent critiqué, le secteur public, notamment local, ne s’en trouve pas moins au premier plan de l’application réelle des préceptes du développement durable.

Le développement durable, quels enjeux ? 

Petit point définition, et pour reprendre celle de l’Insee, le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs », citation de Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien (1987).

En 1992, le Sommet de la Terre à Rio, tenu sous l’égide des Nations Unies, officialise la notion de développement durable et celle des trois piliers (économie/écologie/social) : un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable. 

Le service public, application locale mais enjeux globaux

Au regard de la grande diversité des champs d’action qui incombent au service public local, nous nous intéresserons ici seulement aux sujets liés à l’application des préceptes du développement durable. Le développement durable amène les collectivités locales à revoir leurs conceptions de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, du transport et du logement… Les transports urbains, par exemple, représentent un des grands enjeux de l’aménagement du territoire dont les services publics sont responsables. De nombreuses villes françaises, en relation avec le développement durable, ont renforcé leur services publics de transport et encouragé les circulations douces (vélo, marche à pied). Ces politiques doivent, pour être efficaces, être accompagnées d’un prix plus élevé pour l’utilisation de la voiture en ville (stationnement) et par une limitation des dépenses de voirie pour l’automobile. 

Même s’il est difficile de faire un bilan complet des expériences récentes, les résultats ne paraissent pas en France à la hauteur des espoirs de départ. Pour prendre un exemple aussi récent que local, le nouveau maire EELV de Lyon, Grégory Doucet, a fait du développement de ces mobilités douces un objectif prioritaire de mandat. Son manque de succès souligne les difficultés liées à un aménagement durable et écologique du territoire, notamment lorsqu’il concerne une zone à forte densité de commerces (ici le 2ème arrondissement de la ville). Mais les opportunités sont nombreuses, et il existe des exemples très prometteurs de ce que l’on appelle communément les “villes vertes”. 

Copenhague, ou la réussite de l’aménagement public durable

En Europe, difficile de faire mieux en durabilité que Copenhague, la capitale et la plus grande ville du Danemark. Là-bas, pas besoin de beaucoup chercher pour trouver des enseignes qui pratiquent le tri de leurs déchets à 100%, ni pour trouver une piste cyclable sur laquelle rouler : avec plus de 160 kilomètres de pistes cyclables et 55 % de ses habitants qui se déplacent quotidiennement à vélo, la réputation de Copenhague n’est plus à faire quand il s’agit de culture du vélo. 

Sur un autre plan, la ville a su proposer un aménagement liant l’utile à l’agréable : 96 % des habitants de la capitale danoise peuvent rejoindre à pied un grand espace vert ou bleu en moins de 15 minutes. Qui plus est, Copenhague vient de lancer un grand projet de renouvellement naturel de ses espaces publics, et de nouveaux jardins urbains sont en train d’envahir la ville. Toutes ces initiatives des services publics locaux ont amené la ville à recevoir la récompense INDEX en 2013, décernée pour les villes aux plus fortes initiatives de “design vert” au monde.

Quel avenir pour Lyon ? 

La prise de fonctions d’un maire EELV (Europe Ecologie les Verts) à Lyon marque un tournant dans la politique de développement durable de la métropole. Son ambition est affichée : faire de Lyon “le berceau de l’écologie en France”. Ambitieuses, les mesures-objectifs le sont aussi, et on en a besoin : soutien à l’économie circulaire et à la seconde vie des objets, participation active dans des réseaux internationaux de métropoles engagées vers un avenir plus durable, adhésion et utilisation de la monnaie locale, la Gonette comme moyen de paiement dans les établissements municipaux (piscine, musée…).

Toutes ces mesures pourraient permettre à Lyon de remplir les critères d’une des nombreuses “normes” internationales, gages de réussite dans la transition écologique des villes de demain. La norme ISO 14001 sur le management environnemental, qui, appliquée habituellement aux entreprises privées, peut s’appliquer par exemple aux différents services d’une collectivité publique (et montre ici en plus une innovation bienvenue dans la certification d’excellence environnementale publique). 

Forte de son statut de troisième ville de France, Lyon peut se donner les moyens d’atteindre ses objectifs, sans oublier les nombreuses initiatives entrepreneuriales dont la ville peut être fière, et que l’on vous décrit soigneusement dans chaque numéro du M. 

De nombreux défis restent à relever

Le développement durable représente un ensemble de contraintes nouvelles pour le service public local, mais aussi un cadre nouveau de réflexion auquel il doit s’adapter et qui ouvre des possibilités nouvelles. 

Alors que le service public est souvent critiqué, les collectivités qui mettent réellement en pratique le développement durable ont la possibilité de le revaloriser en montrant son efficacité et la relative simplicité de son application, avec un brin d’optimisme et de bonne volonté.

Par Alexandre Kielmel, rédacteur du Noise


Sources :

https://www.lci.fr/politique/qui-est-gregory-doucet-l-humanitaire-ecologiste-nouveau-maire-de-lyon-2157888.html

https://www.lenergietoutcompris.fr/actualites-conseils/copenhague-ou-la-ville-verte-intelligente-47954