La technologie au service de l’archéologie

La technologie au service de l’archéologie

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Par Hicham Ghermani

Dans cet article, nous allons voyager aux quatre coins de la Terre pour partir à la découverte de sites archéologiques truffés riches en histoire et truffés de mystères.


En février 2018, un groupe de chercheurs a fait une découverte incroyable en Amérique Latine ; environ 60 000 vestiges mayas vieux de plus de mille an ont été localisés, cachés dans la jungle du nord du Guatemala à l’abris des regards.

S’étalant sur un territoire de forêt vierge, on retrouve des maisons, des pyramides et des temples abandonnés il y a de cela des siècles, et qui ont été recouverts au fil du temps par la végétation. Il y a encore une vingtaine d’années, rechercher un tel site revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin.

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Vestiges Maya – Guatemala

En 2015, une équipe de chercheurs américains clamait avoir retrouvé la légendaire Cité Blanche au Honduras, évoquée par les Conquistadors espagnols au 16e siècle. Après vérification, les ruines en question ne sont peut être pas celles escomptées, mais cela n’en reste pas moins une découverte amenant un sujet d’étude fascinant.

En 2019, des archéologues sud-africains ont eu l’opportunité de redécouvrir une ancienne ville perdue en Afrique du sud appelée Kweneng.

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Kweneng – Afrique du Sud

Pourquoi ces découvertes en particulier ? Parce que leur point commun est une sorte de radar qui, au lieu d’émettre des ondes, projette un laser sur une surface ciblée qui se réverbère ensuite dans son viseur. Le nom de cette petite machine qui révolutionne le monde de l’archéologie depuis maintenant deux décennies est le LiDAR, diminutif pour « Light Detection And Ranging ».

C’est notamment grâce au LiDAR que les chercheurs ont pu, grâce à de meilleurs capteurs, de meilleurs logiciels d’assemblage de données, étudier les ruines en détail.

« C’est une machine à scanner, qui émet une lumière laser et bombarde le paysage, je veux dire, par des milliards et des milliards d’impulsions de lumière laser, environ quatre ou cinq cents par mètre carré (…). Dès que chaque impulsion frappe un objet, n’importe quel objet solide, que ce soit un oiseau ou une feuille, un arbre ou le sol, elle est renvoyée directement à la machine pour que celle-ci puisse alors déterminer où cette interception a eu lieu, et ce, en trois dimensions. C’est alors lorsque l’avion recueille toutes ces données, une masse très importante de données, que nous pouvons les télécharger et les projeter », a déclaré Karim Sadr, professeur à l’école d’archéologie, de géographie et d’études environnementales de l’Université de Witwatersrand.

L’ile de Raleigh

On peut constater que LiDAR ne permet pas juste de découvrir des sites archéologiques non dénichés à ce jour, mais permet aussi et surtout de redécouvrir et d’étudier plus en détails certains sites archéologiques. Des archéologues ont ainsi découvert sur l’île de Raleigh en Floride 37 zones résidentielles amérindiennes à travers une zone de forêt dense. En 2010, une expédition avait déjà révélé l’établissement d’une civilisation humaine sur l’île entre 900 et 1200 de notre ère. Mais les 16 lasers LiDAR utilisés dernièrement ont permis de mettre au jour des détails architecturaux sans précédent.

Après une nouvelle fouille plus approfondie du site, une étude a montré que des perles de culture ont été produites sur place. L’île de Raleigh est donc probablement la toute première zone fournissant les perles pour le commerce entre chefferies.

La pyramide de Khéops

Une autre particularité du LiDAR est que, bien que le laser peut traverser des feuilles et et des buissons en tout genre, ce dernier a aussi servi à redécouvrir la pyramide de Khéops ; en 2017, la présence d’une cavité inconnue de 30 mètres de long située au-dessus de la Grande Galerie de la pyramide de Khéops a été révélée dans la revue Nature par la mission ScanPyramids, selon NationalGeographic.fr.

Cette grande cavité a été découverte grâce à une technologie, appelée la muographie, qui permet de laisser intact la dernière merveille du monde. La pyramide a été scannée en profondeur grâce à la détection des particules muons qui la traversent.

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Pyramide de Khéops – Egypte

Pour l’instant cette combinaison de technologies a permis d’estimer la longueur de la cavité à 40 mètres au lieu des 30 mètres initialement estimés. La prochaine étape est d’essayer de découvrir ce qui se cache réellement dans cette cavité. Peut-être la dépouille du pharaon Khéops qui demeure introuvable ?

Notre-Dame de Paris

On a vu que le LiDAR permettait de découvrir et de redécouvrir de tout nouveaux sites archéologiques mais la technologie permet aussi de mieux agir dans le présent pour restaurer un monument historique, comme par exemple la cathédrale Notre-Dame de Paris.

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Notre Dame de Paris


Afin de bien analyser le  terrain  et placer correctement les échafaudages, Les entreprises Europe Echaffaudage et Le Bras Frères en charge de la restauration de Notre-Dame avant l’incendie d’avril 2019 avaient demandé une modélisation 3D très précise à l’entreprise spécialisée en géométrie GE-A. Que la rénovation se dirige vers une reconstitution à l’identique ou une reconstruction plus moderne, cette numérisation à désormais une valeur historique inestimable.

En quelques décennies, la pratique de l’archéologie a considérablement évolué avec l’apparition des technologies numériques, mais aussi avec le développement de l’archéologie préventive qui ont apporté de nouvelles manières d’aborder l’étude des civilisations passées.

Une réelle complémentarité se dessine entre les méthodes archéologiques non numériques et les nouvelles technologies utilisées à notre époque pour approfondir l’exploration de sites archéologiques.

L’archéologie étudie les traces matérielles des civilisations qui nous ont précédées. En enrichissant nos connaissances historiques, elle contribue à une meilleure compréhension de notre monde actuel, notamment via l’utilisation des nouvelles technologies.


En-tête : capture d’écran ; Les Aventuriers de l’Arche Perdue (1981). © Lucasfilm Ltd.