Interview de Léo Chalmel : président du Ski Club 2021 – mandat Walski

Interview de Léo Chalmel : président du Ski Club 2021 – mandat Walski

Thomas : Bonjour Léo, pourrais-tu présenter ton association et ses événements ?

Léo : Bonjour Thomas. Le Ski Club est la plus vieille association d’emlyon business school. Elle s’intéresse à tout ce qui est en rapport avec les sports de montagne et l’esprit montagnard. Notre objectif est de promouvoir le ski et plus largement les sports d’hiver auprès des étudiants d’emlyon business school. Nous avons même certains événements qui dépassent le cadre de l’école, que ce soit le WEPN (ndlr : Week-end Premières Neiges) ou la Coupe Adhémar. Au travers de nos événements nous cherchons aussi à transmettre des valeurs qui nous tiennent à cœur, à savoir la convivialité et un bon état d’esprit.

Plus précisément, nos activités ont trois motivations.

La première concerne les événements purement sportifs et compétitifs comme la coupe Adhémar. En effet, il s’agit d’une compétition de ski inter-école de plus de 600 participants. Le WEPN suit aussi cette logique en quelque sorte. Il s’agit d’un week-end organisé avec d’autres écoles comme HEC, l’ESSEC ou l’ESCP à l’occasion de l’ouverture des stations.

La seconde porte sur l’aspect découverte et la promotion des sports de montagne. Nous avons tendance à penser que le ski est plus connu qu’il ne l’est en pratique. De fait, non seulement c’est un sport coûteux mais en plus il est loin de représenter à lui seul l’éventail très large des activités de montagne existantes. Nous proposons donc régulièrement des sorties skis à bas coûts afin de permettre à chaque étudiant de profiter de la montagne. Afin de la  faire découvrir, nous proposons aussi des événements comme le Freeze, où nous emmenons les participants en hélicoptère en haut d’une montagne avant de les faire descendre en hors-piste, ou d’autres activités de découverte comme le Snoop, qui consiste en une course de chien de traineau.

Enfin, notre troisième motivation relève du partage de l’esprit montagnard. L’idée est de promouvoir la convivialité et de transmettre une ambiance qui nous est propre. C’est le principe des Dîners Savoyards et des Neptuniades dans une certaine mesure puisqu’il s’agit d’une virée en camping de 4 jours avec un peu de compétition bon enfant également.

Cette mission d’intégration est une vieille tradition du Ski Club et en tant que plus ancienne association de l’école, c’est aussi notre rôle de transmettre cet héritage et ses valeurs.

L’idée n’est pas de se concentrer exclusivement sur les passionnés mais de pouvoir intéresser tout le monde. Nous voulons faire découvrir au maximum de gens à quel point la montagne regorge d’activités possibles et de choses à faire dont nous n’avons pas forcément connaissance.

T : Tu viens de nous présenter l’association en général, quelles sont les missions plus spécifiques de ton mandat ?

L : Le contexte sanitaire donne à notre mandat un rôle assez particulier. L’idée est d’effectuer une vraie transition car l’année précédente, quasiment rien n’avait pu être fait. Nous devons réussir malgré tout à transmettre les valeurs et l’esprit que nous portons même si nous n’avions pas la possibilité de réaliser tous nos événements. Le risque est que ces traditions se perdent avec cette année particulière. C’est donc là-dessus que nous concentrons nos forces car il s’agit de l’objectif principal de tout mandat Ski Club.

Cette année nous essayons aussi d’entreprendre une démarche RSE. C’est assez inédit pour notre association. C’est une chose qui émerge seulement depuis quelques années. Dans la mesure où les événements devront être repensés à cause de la crise sanitaire, c’est l’occasion d’y ajouter cette dimension RSE. Ce travail est loin d’être évident car nous n’avons pas les événements les plus propices à son incorporation, mais c’est une mission qui nous tient énormément à cœur. Nous souhaitons par exemple réaliser tout un travail d’intégration des internationaux ; c’est une problématique qu’avait déjà soulevée la Corpo (ndlr Corporation Etudiante). Pour certains d’entre eux, il est absolument impossible de pratiquer les sports de montagne dans leur pays d’origine. Il serait donc dommage de ne pas en profiter ici alors que nous avons des stations à seulement deux heures de route !

Il est primordial également que nous améliorions la communication. Certains de nos événements, et principalement les plus petits, sont assez méconnus et ne se remplissent pas complètement. Nous sommes certains qu’ils pourraient intéresser des étudiants qui n’en avaient simplement pas connaissance.

T : Plus tôt tu disais que l’adaptation à la situation sanitaire serait un enjeu majeur. As-tu déjà quelque pistes à nous donner ?

L : Plusieurs pistes sont déjà étudiées, oui ! Malheureusement tout évolue au jour le jour. Nous avons d’abord bon espoir qu’un certain nombre de nos événements soient maintenus comme les Neptuniades. Nous devrons fatalement en abandonner certains comme les SAT qui a priori seront annulées. En revanche, ce sera l’occasion d’en revisiter certains. La situation nous poussera à diversifier ce que nous proposions jusqu’ici et à compléter certains événements. Habituellement nous reprenons toujours plus ou moins les mêmes concepts et démarches tandis que cette fois, il faudra innover. Nous allons pouvoir lancer des initiatives que nous n’aurions pas forcément osé en temps normal. C’est le moment de montrer que les activités de montagnes sont multiples et dépassent largement la simple pratique du ski. Malgré la fermeture des stations, nous pouvons toujours pratiquer le ski de randonnée, les raquettes, découvrir des plats typiques, etc.  Cela n’aurait pas de sens de s’entêter à attendre l’ouverture des stations, nous devons proposer autre chose !

T : Parlons plus spécifiquement des campagnes maintenant, pourquoi voulais-tu lister originellement ? Pourquoi avoir choisi le Ski Club ?

L : Au départ j’étais très curieux de découvrir ces campagnes dont tout le monde parlait. Pour moi, lister c’était découvrir des gens et l’école en quelque sorte. Évidemment c’est loin d’être obligatoire et on peut totalement apprécier son expérience à emlyon business school sans lister. Mais si on est motivé, c’est un très bon moyen de vivre des choses fantastiques et de faire des rencontres mémorables.

Par rapport au Ski Club en lui-même, il faut savoir qu’initialement je listais Petit Paumé. J’avais suivi des amis avec qui nous voulions participer à l’aventure. Je pense que peu importe l’association choisie, tant que l’on est avec des gens qu’on apprécie, on passera du bon temps. Il s’avère que nous étions très mal organisés et nous avons donc perdu dès le début. C’est pour cette raison que par la suite j’ai rejoint le Ski Club. C’était l’association qui m’intéressait le plus, autant dans l’état d’esprit, les valeurs, que les événements !

T : Est-ce que tu peux me raconter les grandes étapes de ta campagne ?

L : Sacrée histoire…  Notre campagne a été un peu saccadée et a commencé assez fort, surtout pour moi, avec le T4B(Ndlr : Défi du Bureau des Sports lors des campagnes). Je m’étais mis en tête de faire le trône. Nous avons dû y passer un temps monstrueux. C’était le premier vrai test. Après ce défi certains ont réalisé que l’investissement demandé par la liste serait trop lourd. Cette vague de démotivation a créé un petit coup d’arrêt très difficile à gérer. Parfois, il y avait même quelques tensions car le niveau d’implication était très hétérogène et c’était agaçant de voir que certains ne s’investissaient pas autant que d’autres.

En réalité c’est absolument normal et une fois que cet état de fait est bien intériorisé, tout va beaucoup mieux. Dès que nous avons compris et accepté que tout le monde n’avait pas le même niveau de motivation, nous sommes repartis sur une bonne dynamique. Les campagnes sont longues et intenses si bien qu’il y a toujours des hauts et des bas, et malgré la fatigue, nous avons toujours réussi à nous remobiliser face à nos échecs. L’arrivée de dix nouveaux listeux au milieu des présélections nous a vraiment relancés et remotivés à ce titre. D’abord, ils nous ont apporté des compétences que nous n’avions pas forcément. Au-delà de cela, c’était un vrai plaisir de voir de nouveaux visages. En plein cœur des campagnes, on est souvent un peu isolé avec sa liste donc côtoyer de nouvelles personnes est un véritable coup de boost. Sans eux, à mon avis, nous n’aurions jamais gagné.

T : En parlant de cela justement, quelles compétences t’ont apporté ces campagnes ?

L : Ce que les campagnes m’ont apporté de plus important, c’est d’abord un groupe d’amis et des souvenirs inoubliables. C’est le principal et si je ne devais retenir qu’une chose, ce serait cela sans aucune hésitation.

Évidemment cela enseigne aussi le travail de groupe et le sens de la coordination. Nous apprenons à faire confiance presque aveuglément à notre groupe. C’est bien plus utile qu’on peut le croire, surtout pour d’anciens étudiants en classe préparatoire comme moi qui avait tendance à privilégier le travail individuel.

T : Quelles sont à ton avis les qualités d’un bon listeux ?

L : Selon moi, c’est la motivation qui est primordiale. Il n’est absolument pas nécessaire d’avoir de  compétences particulières au départ. Tant que l’on est déterminé, on peut apprendre sur le tas.  D’autant que sans cette motivation, il sera impossible de rebondir après les échecs et les coups durs qui surviendront forcément à un moment ou à un autre.

Il est forcément pratique d’avoir dès le départ des compétences en montage, en Photoshop, etc. Mais tant que l’envie est là, on peut apprendre. Nous nous sommes retrouvés dans cette situation et à force de persévérance, nos monteurs ont créé des vidéos fantastiques à la fin des campagnes, alors qu’ils ne s’y connaissaient pas du tout au départ.

Il est aussi précieux de savoir motiver les autres. Parfois, cela se joue à peu de choses mais cela fait toute la différence et permet de retrouver une bonne dynamique. Réussir à motiver sa liste enclenche un cercle vertueux qui peut être extrêmement profitable.

T : Pour finir, aurais-tu des conseils à donner à nos amis listeux pour qui le rythme s’est déjà bien accéléré ?

L : Mon premier conseil pourrait paraître paradoxal tant cette période est épuisante, mais il reste pourtant le plus important  de tous : amusez-vous.

Rappelez-vous que le but est avant tout de passer de bons moments. À ce propos n’hésitez pas, même avec ce rythme intense, à prendre de vrais moments de pause tous ensemble. C’est important aussi de se retrouver au calme parfois. Il faut profiter de ce groupe que vous formez et réaliser pourquoi vous faites toutes ces choses qui pourraient parfois avoir l’air insensées. Même si cela semble contre-productif, en réalité ces temps conviviaux font souffler et remotivent tout le monde. Etonnamment, quand tout va mal, c’est souvent la réaction à privilégier. J’insiste sur ce point car c’est ce qui nous a permis d’aller au bout.

Pour entretenir la motivation qui, je le rappelle, est le nerf de la guerre, il est important d’attribuer les devoirs en fonction des envies de chacun, plutôt que des compétences parfois. Répartir le travail selon ce que chacun sait a priori faire ne marche qu’un temps. Je me rappelle que nous avions quatre ou cinq très bons dessinateurs mais à force de toujours leur octroyer ces tâches, ils en avaient marre ! 

L’organisation a un énorme impact aussi. Je suppose que les listeux s’en sont déjà rendu compte à l’heure qu’il est. Même si c’est difficile, cela s’apprend aussi au fur et à mesure. On n’est jamais parfait au début et on fait n’importe quoi, c’est normal. Il faut bien déléguer car c’est totalement impossible de tout suivre. Bref, il va falloir faire des bons vieux plannings ! C’est triste mais au moins ça fonctionne !

Enfin, même si on aime les détester, écoutez bien les coachs. Ce sont eux qui vous feront progresser et réveilleront le meilleur de vous-mêmes. Ils appuieront là où ça ne va pas jusqu’à ce que vous le corrigiez. S’ils sont si exigeants, c’est pour votre bien. Par conséquent, jouez le jeu, vous ne pourrez qu’y gagner.

Par Thomas Picchiarini, journaliste chez Verbat’em