Créer sa start up dans la tech : les  conseils d’un entrepreneur
L’IA, source d’opportunités dans de nombreux domaines

Créer sa start up dans la tech : les conseils d’un entrepreneur

À emlyon, on parle beaucoup d’entreprenariat. Les exemples d’entrepreneurs, de « startuppers » sont nombreux mais la plupart viennent d’école de commerce. Ici tu trouveras le point de vue d’un ingénieur informatique qui a co-fondé sa boite. Un tel retour est toujours utile, d’autant qu’il est difficile de créer sa boite dans la tech sans avoir un expert du domaine avec soi.

En plus de conseils pour entreprendre toi même, tu trouveras dans cet article des conseils quant au processus de recrutement des grands groupes !

Entretien avec Houssem Hamza, co-fondateur de Data4Job

Les origines de l’entreprise

Houssem Hamza et Antoine Poliakov, deux ingénieurs informatiques de formation, ont décidé de créer leur propre entreprise : Data4Job (D4J). Cette entreprise est née d’une idée : pourquoi ne pas transposer les méthodes et solutions technologiques qui ont déjà fait leurs preuves en e-commerce au processus de recrutement RH ? Ils y ont vu un moyen de faciliter le travail des recruteurs. 

Le business model : simplifier la vie des recruteurs

En creusant cette piste, selon Houssem, il existe beaucoup d’initiatives du côté des candidats. Ces derniers disposent de technologies avancées en matchmaking, CV vidéo, plateformes variés etc. Face à cette complexité, les recruteurs perdent beaucoup de temps et d’énergie pour des tâches administratives : classement des candidatures, élimination des doublons, basculement d’un outil à l’autre etc. 

C’est ici que D4J intervient. Avec des outils digitaux (Big Data et IA) ces tâches sont en grande partie supprimées pour que la productivité du recruteur augmente et qu’il puisse se concentrer sur « des tâches à valeur ajoutée ».

Le développement de nouveau produits : coach Remo

D4J est en train de développer un service cette fois destiné aux candidatures internes aux entreprises : coach Remo. Houssem l’apparente à Google Maps : il va permettre au candidat d’exprimer un désir (je veux devenir directeur marketing), va lui indiquer les options qui se présentent à lui (les ouvertures de postes) et le chemin pour y parvenir (les personnes à rencontrer, les études supplémentaires à mener ou les postes intermédiaires).

La place de l’IA dans le processus de recrutement ?

Est-ce donc l’IA qui fait le recrutement ? Houssem répond que non : « I’IA n’est pas là pour remplacer le recruteur mais pour l’aider ». Pour illustrer, il prend l’analogie des voitures. D4J ce n’est pas la voiture automatique du futur qui fait tout à la place du conducteur, mais la dernière version du GPS qui simplifie la vie et améliore l’expérience utilisateur. 

Les outils de D4J aident les recruteurs sur trois points. Ils centralisent et répertorient les données entrantes (CV, linkedin, vidéos, plateformes de recrutements etc.). Ils automatisent les tâches administratives comme l’envoi d’accusé de réception ou la prise de RDV. Ils effectuent également un premier tri des candidatures.

Ton CV face à l’algorithme !

Des centaines de CV reçus, seuls 20-30 sont traités par les recruteurs. Les autres sont éliminés par une analyse des mots clés. Les différents blocs du CV sont analysés pour en comprendre le sens (sémantique et syntaxique). L’outil a analysé au préalable les 12-13 millions d’offres d’emploi en libre accès en France, les CV envoyés et retenus afin d’établir ces mots clés. 

Choisit bien tes mots !

En utilisant l’IA et le Big Data (deep learning), l’algorithme est capable de savoir quel type de mots est retenu par les recruteurs pour chaque type de jobs. Il fait le tri initial et ne garde que les CV qui les contiennent. 

Le recruteur peut alors prendre le temps d’étudier lui-même, en détail, les 20-30 CV restants.

L’entrepreneuriat : les conseils d’un CEO de start-up

L’entrepreneuriat est avant tout « une aventure humaine » d’après Houssem Hamza. Elle demande de savoir jongler entre de nombreuses compétences : expertise technique, commerciale, managériale, financière, marketing, gestion client, gestion entreprise etc. Selon lui, ça ne s’improvise pas.

1er conseil : « ne pas y aller tout de suite »

Dès l’obtention de son diplôme, il savait qu’il voulait créer sa propre entreprise. Il a pourtant attendu 10 ans avant de le faire. Rétrospectivement, il exprime quelques regrets – « j’ai probablement attendu trop longtemps » – mais maintient que ses premières expériences professionnelles, en particulier son poste de direction (Senior Manager à ANEO) lui ont permis de développer des compétences nécessaires au succès de sa start-up. Après tout, il rappelle que la majorité des start-ups ne dépassent pas trois ans avant de fermer boutique. Il conseille d’attendre 3 ans après l’obtention du diplôme avant de se lancer.

2ème conseil : orienter son début de carrière vers l’entrepreneuriat

En tant qu’ingénieur informatique, il a choisi de développer ses compétences managériales. Il conseille aux étudiants en école de commerce d’en faire autant mais surtout de développer les compétences techniques clés pour le secteur d’activité ciblé. 

Pour développer des compétences dans le digital il recommande par exemple un poste d’assistant commercial, d’ingénieur d’affaires, ou de travailler dans la gestion de projets digitaux. Un autre bon moyen serait de rejoindre le pôle digital d’un cabinet de conseil pour développer à la fois des compétences spécifiques dans le domaine, mais aussi de traiter de problématiques variées. « Vous êtes visés par les cabinets de conseils » nous dit-il en nous invitant à en profiter. 

Une autre voie serait de rejoindre des associations ou ONG pour s’occuper de leur plateforme digitale : il y a beaucoup à faire et c’est très formateur. De façon similaire, rejoindre une start-up permet de « faire un peu de tout » et donc de développer des compétences multiples. 

3e conseil adapter son idée à ses clients et prospects

Pour qu’un la start-up puisse se développer, il faut satisfaire les clients. Houssem se demande constamment comment il peut les aider. Selon lui, il ne suffit pas de signer un nouveau client, il faut que ce client soit satisfait. 

« Je crois avoir la bonne idée mais je l’adapte à ce que j’entends des clients et de mes prospects ».

Un projet ne s’arrête pas au moment de la signature du contrat par le client mais après que ce client soit satisfait. Houssem mise donc sur de bonne relations clients là où « beaucoup de start-ups vantent des proof of concepts » qui ne collent pas toujours aux attentes du client. 

Il résume son approche en quelques mots : « Comment puis-je les aider ? »

4e conseil : « ne pas croire aux promesses »

« En sortant d’une réunion, on entend parfois : ton produit est génial » ça ne suffit pas, il faut attendre de voir si le client signe (et s’il est satisfait après coup). De même, la vie de start-up c’est aussi gérer les comptes de son entreprise ce qui peut être particulièrement compliqué en cas d’impayés. D4J était en découvert en août dernier alors qu’ils attendaient 110 000€ de créances clients en retard de paiement (leurs coûts totaux mensuels sont de 40 000€). Il faut pouvoir prévoir ces situations : D4J essaie de d’avoir de quoi faire tourner l’entreprise pendant 2 mois en cas d’impayés, mais cela ne suffit pas toujours : il faut être vigilant en amont et pouvoir trouver une solution en cas de crise.

5e conseil : comment généré  bien gérer sa trésorerie

Pour gérer une start-up il faut savoir gérer un budget limité, surtout dans les premières années. Il peut y avoir des imprévus et des périodes plus difficiles que les autres. Pour s’en prémunir il est important selon Houssem d’avoir de bonne relations avec les banques et d’avoir un processus rodé en matière de finances de l’entreprise : paiement à temps, gestion des factures, relancer les clients qui n’ont pas payé, etc.


NB : D4J cherche un stagiaire en janvier 2020 pour un stage de 4-6 moins, stage à dimension principale marketing mais qui ne se limite pas à son libellé.

Une expérience en start-up à D4J serait « très formatrice » pour quelqu’un qui cherche à créer sa propre entreprise.

• Des missions très diverses : tout est à construire
• Pas de hiérarchies : tout le monde travaille avec tout le monde, y compris le CEO
• « l’expérience start-up » : échanges réguliers avec le CEO sur la situations de l’entreprise pour trouver être conscient des enjeux et comprendre la « réalité du terrain ».

L’offre de stage