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Monthly Diplo – Août 2019

Hong-Kong : une résolution sereine est-elle possible ?

La police encadre les manifestants à Hong Kong (© Philip Fong / AFP)

Depuis plusieurs semaines, l’affrontement entre les manifestants et Pékin fait rage, et on semble de plus en plus s’approcher de l’impasse. Le gouvernement chinois a en effet annoncé qu’il n’excluait pas l’envoi de troupes armées, et déjà les militaires se rassemblent à Shenzen, ville frontalière de Hong Kong. 

Les habitants du territoire semi-autonome tentent de défendre les droits et les libertés qu’ils ont réussis à conserver malgré la rétrocession à la Chine en 1997. Et c’est un projet de loi d’extradition vers la Chine qui a mis le feu aux poudres il y a quelques mois. Depuis début juin, les manifestants appellent à la grève générale, bloquent les transports en commun et multiplient les actes de résistance (à l’image de l’invasion du Parlement début juillet). Par conséquent, les affrontements violents n’ont pas été évités et la colère gronde. La jeunesse dénonce notamment les abus policiers et se montre d’une détermination sans égale. 

Un vent de révolte souffle, et les actions répressives de Pékin ne semble qu’envenimer la situation. Côté américain, Donald Trump souhaite que Xi Jinping agisse avec « humanité ». Les relations entre les deux pays, déjà tendues par les dures négociations commerciales, se trouvent donc à nouveau compliquées, le président américain étant critiqué pour son attitude clémente face aux agressions chinoises à Hong Kong. 

Brexit : la rentrée de tous les défis

Boris Johnson lors de sa première réunion du cabinet le 25 juillet dernier (Aaron Chown / AFP)

Après l’arrivée au 10 Downing Street du brexiteur Boris Johnson, la possibilité d’un hard brexit n’est plus à exclure. Et si l’été a marqué une réelle pause dans le processus de sortie, l’échéance du 31 octobre se rapproche doucement, et l’Union européenne ne compte pas proposer de nouvel accord. Berlin jugerait ainsi une sortie sans accord « fortement probable », étant donné que le nouveau premier ministre ne compte pas revenir sur ses position sur la question du backstop. 

Et un nouveau rebondissement vient de survenir ce dimanche 18 août, avec la révélation d’un rapport mettant en garde contre les dangers de pénuries au Royaume-Uni en cas de sortie de l’UE et dévoilant également l’existence d’un plan pour contrer ces effets négatifs, dénommé « Opération Yellowhammer ». Malgré l’argument agité par les partisans du Brexit qui dénoncent un « Project Fear » visant à alarmer la population, les risques semblent bel et bien réels pour le royaume insulaire. 

Outre-Manche, l’opposition se durcit face au comportement sans concession de Johnson, mais la motion de défiance présentée par Jérémy Corbin (Labor) ne réunit pas encore les soutiens conservateurs et libéraux nécessaires. Il reste que, bien que l’hypothèse devienne de plus en plus probable, les sondages indiquent que les Britanniques sont défavorables à un « no deal ».

Italie : de nouvelles élections se profilent

Salvini et Giuseppe Conte au Sénat italien

La coalition Mouvement 5 Etoiles / Ligue ne survivra probablement pas à l’été. Malgré une longévité déjà notable (la moyenne depuis la Seconde Guerre mondiale est d’à peine plus d’un an) si l’on prend en compte les doutes qui existaient déjà dès la naissance de l’alliance, les divisions font rage depuis déjà quelques temps. Et le ministre de l’intérieur Matteo Salvini a lâché la bombe en plein mois d’août, depuis la plage de Pescara : « Les non à tout, ça suffit ! Chaque jour qui passe est un jour perdu. Je demande aux Italiens la force de prendre en main le pays et de le sauver ». 

Cette poussée de confiance provient notamment des excellents sondages qui annonce la Ligue à 38% des intentions de vote, ainsi que la récente déconfiture du M5S sur le dossier de la ligne Lyon-Turin. Si on aurait pu croire à une démission des ministres de la Ligue, c’est une autre voie qui semble avoir été choisie.Le vote de confiance devrait donc avoir lieu le 20 août. Si la défiance l’emporte (grâce au vote des députés de la Ligue et de l’opposition de droite et d’extrême droite), les Italiens devront retourner aux urnes en octobre. 

En Italie, les observateurs sont perplexes et personne ne sait vraiment à quoi s’attendre. Les hypothèses fusent et tous les scénarios sont envisagés par les journalistes politiques comme par l’opposition. C’est ainsi que Matteo Renzi, l’ancien Président du Conseil, tente son grand retour en se présentant comme l’opposant principal du ministre de l’Intérieur et en demandant de retarder le retour aux urnes. Parmi les futures alliances possibles : Le M5S avec le Partito Democratico, ou encore la Ligue,  Forza Italia et Fratelli d’Italia.

Argentine : la victoire des péronistes bouscule le pays

Le président Mauricio Macri, en danger depuis les primaires de son parti (Reuters)

L’Argentine traverse une période plus que compliquée. La crise économique ne cesse d’empirer et a logiquement entrainé une crise politique. Et la défaite électorale de Mauricio Macri a fait l’effet d’un cercle vicieux. La Bourse et le peso se sont effondrés, la note de la dette souveraine a été abaissée, et le ministre des Finances Nicolas Dujovne a démissionné samedi 17 août. 

C’est en effet le péroniste modéré Alberto Fernandez qui a remporté les primaires, sorte de « répétition générale » des présidentielles d’octobre. Le mécontentement social a eu raison du président en exercice, qui compte regagner ses galons en donnant un « coup de pouce » au pouvoir d’achat des Argentins. Mais l’explosion constante des prix ces dernières années ainsi que les salaires toujours bas (12 500 pesos de salaire minimum, soit 190€) semblent marquer l’échec des politiques libérales et profitent donc à la gauche péroniste. 

En Argentine, il semble donc difficile de contenter à la fois les attentes d’un peuple qui réclame plus de justice sociale et de meilleures conditions de vie et les attentes des marchés financiers. Tout cela n’est pas sans rappeler la tragédie économique qui a causé la faillite du pays il y a à peine deux décennies et dont le sauvetage a tenu à l’intervention du FMI qui avait réclamé des mesures d’austérité après la déclaration d’insolvabilité.