La Chine à travers le filtre du thé

La Chine à travers le filtre du thé

Le thé en Chine.

 

  En lisant ce titre, il t’est certainement venu à l’esprit l’image de carte postale du petit producteur chinois cueillant les feuilles de thé entouré de paysages vallonnés, de plantations en terrasse qui s’étendent à perte de vue. Et tu as raison, la Chine c’est ça aussi. Tout comme la France pour le pain, le vin et le fromage, la Chine est appréciée pour son terroir, dont le thé fait partie intégrante. Pour ceux qui passeront un semestre à Shanghai, je préfère vous prévenir tout de suite : le thé va devenir, après l’alcool, votre boisson de prédilection, votre véritable allié. J’insiste : après l’alcool, car après une bonne murge à base de baijiu et de tsingtao sur le “Bund”, rien de tel qu’un bon thé entre potos pour se réhydrater et éliminer les mauvaises toxines. Boisson détox pour les uns, substitut au café pour les autres, l’efficacité du thé pour faire passer la sale migraine de la veille n’est plus à prouver (bande de fragiles)
Plus sérieusement, l’eau du robinet chinoise n’est pas potable, à moins qu’elle ne soit bouillie. Sachant qu’un être humain normalement constitué boit 1,5 L d’eau par jour, (si ce n’est plus) et que tu resteras plus d’une centaine de jours sur le campus, je conseille fortement à toutes les collocs de se cotiser pour l’achat d’une bouilloire, élue meilleur investissement de tous les temps. Vous trouverez votre bonheur dans les “Jialefus” (le Carrefour local), comptez environ 70 yuans pour un modèle basique, soit moins de 9 euros. Méfiez-vous également de certaines eaux en bouteille. Environ 23% d’entre-elles contiendraient un niveau de bactéries supérieur aux normes d’après les autorités chinoises. Ça calme là hein. Evitez donc les “Nongfu Spring”, que vous reconnaîtrez par leur étiquette rouge, et ne vous fiez pas aux bouteilles que tendent les vendeurs dans la rue. Sauf si vous désirez ardemment consommer vos réserves de Smecta et mourir des suites d’une tourista sauvage. En effet, ces derniers pourraient les avoir remplies avec de l’eau du robinet plus ou moins clean et les reboucher, ni vu ni connu (je t’en….), par leurs propres soins.

  Bref, revenons à notre sujet principal : le thé. Plus qu’une boisson, c’est une institution sociale en Chine. Déjà parce que la plupart des Chinois que vous croiserez transporteront leur boisson fétiche absolument partout, notamment dans des théières nomades. Un peu comme le vin, il existe différents thés, plus ou moins raffinés, oxydés, fermentés. On l’offre lors de grandes occasions à des proches, comme on peut le déguster plus ordinairement dans des jardins et des maisons à thé. Si tu veux rapporter de ton voyage une image de carte postale, viens faire un tour dans la vieille ville. Près du “Yuyuan Garden”, il y a un lieu chaleureux, la maison “Song Fang”. En semaine, et avec un peu de chance, tu la trouveras moins bondée de touristes. Mais pour comprendre vraiment ce que signifie ce breuvage dans la civilisation chinoise, je vous recommande la cérémonie du thé.
Attention aux attrape-touristes tout de même, parce que la cérémonie peut vite tourner à la foire aux arnaques (ce qui va se ressentir sur la facture finale). Les bonnes adresses, tu les trouveras à la Cité du thé à Shanghai (“Tianshan Tea City”), près de “Zhongshan Park”. Là, il y a toutes les sortes de thé cultivés dans le pays, notamment du thé jaune de très grande qualité. Tu y trouveras donc forcément ton bonheur. Mes pas m’ont guidé vers l’échoppe de Susie (1051 au rez-de-chaussée), une des plus belles rencontres de mon voyage. Avenante, elle saura vous guider dans vos choix sans vous pousser à l’achat et elle vous expliquera l’origine, les méthodes de production, de préparation et de conservation des thés ; le tout en anglais. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne dégustation !