Rencontre avec les gagnants du Grand Prix PCE 2016

Rencontre avec les gagnants du Grand Prix PCE 2016

Rencontre avec Louis et Loïc.

Reste du groupe PCE : Apolline, Léa, Lenny, Elodie

Nom du projet : Le champistyrène

Le concept : Une alternative au polystyrène avec exactement les mêmes caractéristiques et utilisations, mais sans pétrole.  Le polystyrène sera remplacé par des champignons et du chanvre; le produit sera donc complètement biodégradable, moins cher avec les mêmes propriétés de conservation et de protection des matériaux.

 

INTERVIEW

 

Comment s’est formé le groupe ?

Nous avions travaillé ensemble dans deux différents groupes MEL et ça s’était bien passé. Comme nous n’étions pas spécialement proches au début, il y  avait une ambiance de travail sérieuse.

 

Comment est né votre projet?

Apolline, qui avait vu un TEDX sur toutes les nouvelles applications des champignons avait fait des recherches. Aux Etats-Unis, une boite faisait énormément de recherches sur tout ce qu’on pouvait faire des champignons aujourd’hui. Cette alternative au plastique et autres matières polluantes nous a intéressé. Nous avons contacté des chercheurs français qui s’étaient également engagés dans des recherches dans cette voie et ils nous ont apporté leur expertise sur ces procédés.

 

Le preniez-vous au sérieux ou comme un simple exercice de simulation ?

Au début c’était un peu un cours comme un autre, on voulait juste valider. Nous n’étions pas d’accord sur le sujet et ça n’avançait pas trop (notre premier projet portait sur les rooftop lyonnais). Après quelques semaines d’hésitation nous avons voté et les champignons l’ont emporté. Et c’est en creusant le projet que nous nous sommes rendus compte de tout son potentiel. Régis Goujet, responsable de la ruche et fondateur de PCE était très enthousiaste et nous a beaucoup poussé.

 

Comment avez vous organisé votre travail en équipe?

On a nommé deux “Respo casse-couilles”. C’était très important d’avoir ces personnes dans un groupe parce que même avec la volonté de travailler, il y trop d’évènements (campagnes, SAT…) de la vie étudiante qui font que PCE passe en arrière plan et n’est plus la priorité.

A l’em, on a tendance à toujours repousser le travail et le faire à la dernière minute, même si on le fait “bien”. Alors qu’avoir des deadlines progressives aide à faire avancer le projet beaucoup plus. Et pour ça il faut se rappeler qu’on est engagés auprès d’autres personnes à faire telle chose pour tel moment! On est donc contents que ces respo aient été tout le temps sur notre dos parce que c’est grâce à eux qu’on a pu aller aussi loin.

 

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées?

On pensait au début que notre projet était beaucoup trop risqué, qu’il pouvait très bien marcher mais aussi être un vrai échec car on ne pourrait pas aller assez loin avec ce type de projet. Il y a donc eu un gros questionnement pendant tout le premier mois. Avec la fin des campagnes en parallèle on a eu beaucoup de mal à avancer sur cette période.

 

Pourquoi n’avez vous pas mis votre projet à exécution après PCE ?

La plus grosse difficulté était de travailler sur des matières premières, et pas des “gadgets” comme font beaucoup de groupes. Le domaine industriel peut faire un peu peur au premier abord pour un projet PCE.  C’est aussi pour ça qu’on n’a pas continué le projet après avoir gagné le prix comme d’autres projets qui vont à l’incubateur.

C’était surtout une question de compétences et de savoir-faire. Et de budget! Pour pouvoir se lancer, il nous fallait minimum 800 000 € et nous ne pensions pas avoir la crédibilité de demander cette somme à des investisseurs. Sur ce type de marché il faut entrer avec déjà beaucoup de ressources parce que la marge se fait sur le volume donc il faut d’emblée avoir une grosse capacité de production.

 

A votre avis, pourquoi avez-vous gagné?

Selon nous, notre prix est surtout lié au fait que le projet était vraiment atypique et différent des autres, inhabituel en finale de PCE. C’est ce qui nous faisait peur, mais le risque a payé!

 

Comment avez vous organisé le travail pour combiner le travail individuel et le travail collectif?

Nous avons fait un peu des deux, mais en s’arrangeant pour qu’aucune partie ne soit réalisée par une seule personne. L’idée c’était de mettre toujours deux personnes sur un travail pour que, par effet “cascade”, tout le monde puisse prendre connaissance de l’avancement. Il fallait garder un fil rouge et une cohérence, même quand nous ne pouvions pas tous être sur le projet en même temps.

Pour que ça fonctionne, nous nous retrouvions souvent. Il faut s’impliquer pendant les horaires d’ateliers, mais aussi après!

 

CONSEILS

Equipe. C’est quand même important d’être avec des gens avec qui tu t’entends bien. Comme ça, même les semaines ou l’envie de travailler manque, vous le ferez quand même par respect pour les autres. C’est bête mais ça ne marchera pas avec des gens pour qui vous n’avez aucune considération. Il faut une dynamique positive dans le groupe!

Jouer le jeu. C’est vraiment dommage de voir PCE simplement comme une matière à valider.

Originalité. Au niveau du projet, ne pas avoir peur de prendre des risques et faire des choses qui sortent de l’ordinaire, même si le secteur peut être intimidant. Il y a trop souvent les mêmes types de projets, du vu et du revu. Découvrir de nouvelles choses, c’est sortir de ton domaine de compétences, ta zone de confort, un beau challenge! En apprenant des choses nouvelles, on a forcément envie d’aller plus loin dans le projet.

Sexy or not sexy. Le projet n’a pas besoin d’être “sexy”. Notre produit, le nom de la boite, rien n’était sexy, ce n’était clairement pas le but du projet. On avait conscience que le projet était solide et bon, mais certainement pas sexy.  Par contre, ce qui était sexy, c’étaient les bénéfices qu’on faisait dès la 3ème année, et que l’on ne voyait pas forcément sur d’autres projets PCE.

Donc il faut aller chercher la motivation plus loin que dans un produit qui plaît facilement, parce que c’est très limité.

Conviction. Nous étions vraiment motivés par l’impact positif de notre produit sur l’environnement et la société. On était profondément convaincus par ce qu’on vendait, car au-delà de l’engagement écologique, on offrait une option vraiment intéressante pour les entreprises.

 

Equipe 2. C’est très risqué si personne ne se connait avant. Il vaut mieux que le groupe PCE soit la fusion de plusieurs duos/ sous-groupes qui se rejoignent. Voire même un groupe de potes qui se connaissent, à condition qu’on soit sûrs de pouvoir travailler ensemble et rester motivés. A l’inverse, il ne faut pas se sentir obligé de rester avec les personne qu’on connaît déjà. Mieux vaut se forcer à rencontrer des gens pour finir avec un groupe qui est cohérent.

Dernier mot. Il faut se concentrer beaucoup sur le brainstorm du tout début, et ne pas hésiter à chercher dans des thèmes qui peuvent paraître un peu “bizarres”.