Récap d’actualité internationale :  Janvier – Avril 2019

Récap d’actualité internationale : Janvier – Avril 2019

L’actualité internationale et géopolitique a encore été bien chargée en ces premiers mois de 2019. Cela s’explique notamment par le fait que nous sommes devant un monde dont les rapports de puissance sont en pleine recomposition. (Par Jérôme Ligouzat, journaliste de Diplo’mates)

C’est un monde où la confrontation des générations éclate au visage de certains dirigeants au pouvoir depuis trop longtemps, parfois contraints de quitter leur fonction, comme en Algérie ou au Soudan, ou bien d’accentuer leur mainmise sur le pouvoir, à l’image de Sissi en Egypte qui ne se voit pas partir de sitôt. C’est un monde traversé par des tensions, qui naissent ou rejaillissent entre voisins, que l’on pense à l’Inde et au Pakistan au Cachemire, ou même à la crise diplomatique inédite depuis la Seconde Guerre mondiale entre la France et l’Italie. C’est un monde qui reste profondément violent, où même depuis la fin officielle de l’Etat islamique en Syrie en mars, les attaques terroristes continuent de faire des victimes, qu’elles soient dirigées contre des musulmans en Nouvelle-Zélande, ou contre des chrétiens plus récemment au Sri Lanka ; deux attaques ayant occasionné respectivement la mort de 50 et plus de 250 personnes. Enfin, ce début d’année nous l’a encore montré, certaines populations continuent de subir de plein fouet les luttes de pouvoir, les guerres civiles, et les crises humanitaires : des pays comme le Venezuela et la Libye en sont les exemples les plus récents.


Brexit : le casse-tête reporté

Comment parler d’actualité internationale sans évoquer le feuilleton du Brexit ? Après des échecs successifs pour faire voter l’accord au Parlement britannique, la première ministre britannique Theresa May a finalement réussi à obtenir un report de la date du divorce, qui était initialement prévu pour le 12 avril. L’Union européenne a offert six mois supplémentaires à la Grande-Bretagne, en repoussant la date limite au 31 octobre. En attendant, cela signifie que la Grande-Bretagne devra voter aux élections du Parlement européen le mois prochain. Le scénario du « hard Brexit » qui risquait d’être acté début avril a tout de même été évité, et l’idée d’un second référendum fait de plus en plus de bruit dans l’opinion.


Algérie : la fin d’une longue présidence

Après des semaines de manifestations dans les rues et la pression des militaires, le vieux et malade président Bouteflika a finalement été contraint d’anticiper son départ et donc de renoncer à sa candidature pour briguer un cinquième mandat. Ces manifestations surviennent dans un contexte plus général d’usure du pouvoir présidentiel. La ligne de fracture entre le pouvoir et la population s’élargit continuellement, révélant une perte de confiance très manifeste, dans un pays qui fait face à un fort taux de chômage chez les jeunes, ainsi qu’à une certaine pression de courants islamistes qui font craindre une explosion sociale. Cependant, certains craignent que la vieille garde du FLN ne tente de s’accrocher au pouvoir, à l’image du président intérimaire actuel Bensalah. De fait, la bataille pour le pouvoir ne fait que commencer. Bouteflika ne représentait plus qu’une figure de proue pour un groupe d’hommes d’affaires, de politiciens et de généraux qui dirigent réellement le pays.


Trump : tout ne va pas comme il le souhaite

Après avoir essuyé fin 2018 un revers aux élections de mi-mandat en perdant la Chambre des représentants au profit des démocrates, Donald Trump a connu ses premières défaites politiques. En cause, les difficultés qu’il rencontre dans son projet de construction du mur à la frontière avec le Mexique. Le président a perdu un bras de fer historique, étant contraint de mettre fin au plus long shutdown de l’histoire des Etats-Unis en n’obtenant pas le moindre dollar pour la construction du mur. Mais Trump, qui tient à aller au bout de ses idées, s’isole de plus en plus : après avoir décidé en février de décréter une situation  « d’urgence nationale » pour contourner le Congrès sur l’immigration, il brandit depuis début avril la menace de la fermeture complète de la frontière. 


Libye : le commencement d’un nouveau chaos ?

L’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar, qui contrôle l’est du pays, a lancé l’offensive en avril sur la capitale Tripoli avec l’intention de s’emparer de la ville contrôlée par le Gouvernement d’union nationale, reconnu par la communauté internationale et dirigé par al-Sarraj. Le Conseil de sécurité des Nations unies a demandé aux forces du maréchal d’arrêter leur offensive, prévenant que cette action militaire menaçait la stabilité du pays et risquait de le replonger dans une guerre civile meurtrière. Cette escalade survient alors que l’ONU œuvre pour établir une feuille de route avant la tenue prochaine d’élections qui auront pour but de sortir le pays du chaos.


Venezuela : le peuple souffre

Juan Guaido, Président de l’Assemblée nationale vénézuélienne s’est auto-proclamé en janvier « Président par intérim » du Venezuela, alors que Nicolas Maduro exerce toujours le pouvoir depuis sa réélection en 2018, vraisemblablement truquée. Juan Guaido a vite été reconnu par des dizaines de pays à l’international, dont les Etats-Unis et les Européens. Mais la véritable clé du pouvoir est aujourd’hui entre les mains de l’armée, soutien indéfectible de Maduro, qui continue de mettre sur le dos des Américains les pénuries du pays.  Alors que le bras de fer continue, le marasme économique se poursuit, ne sortant pas la population – qui a perdu en moyenne 8 kilos ces deux dernières années – d’une crise humanitaire généralisée.