Monthly Diplo #1

Semaine du 6 janvier – MANIFESTATIONS EN HONGRIE CONTRE LA REFORME DU DROIT DU TRAVAIL

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté ce samedi à Budapest pour protester contre le projet de loi travail du président Orban. Depuis début décembre, l’annonce de la réforme suscite l’indignation d’une grande partie de la population.

Parmi les changements prévus par ce texte, c’est l’augmentation à 400 du nombre d’heures supplémentaires qu’un employeur est en droit de demander à ses employés qui fait le plus réagir.

La réforme de la justice est également mise en cause par les manifestants, ainsi que l’omniprésence du pouvoir politique sur tous les secteurs de la vie publique.

Ces événements semblent avoir permis à une opposition divisée de se rassembler. Un nouvelle alliance progressiste compte ainsi former une force politique représentant ce mécontentement, malgré les divergences et les difficultés qu’imposent un régime dans lequel la liberté de la presse reste très réduite. La manière dont le pouvoir en place va gérer cette crise sera surement révélatrice de la tournure plus ou moins autoritaire du régime de Viktor Orban. 

Semaine du 6 janvier – CYBERATTAQUE MASSIVE EN ALLEMAGNE

La chaîne de télévision RBB a révélé ce vendredi que des documents confidentiels de personnalités politiques et médiatiques avaient été publiés en ligne, sur un compte Twitter anonyme. Les partis les plus influents sont touchés.

Le président et la chancelière comptent parmi les victimes, ainsi que des personnalités connues du grand public, des comiques, des acteurs ou encore des youtubeurs. C’est le député du SPD Martin Schulz qui, averti par un internaute du fait que ses informations personnelles étaient en ligne, aurait informé la police. 

La provenance de ces informations reste inconnue, mais l’extrême droite est fortement suspectée, notamment compte tenu du fait que de nombreuses victimes sont ouvertement engagées à gauche, que les membres de l’AfD n’ont pas été touchés par le scandale.

Une enquête a été ouverte, et certains vont jusqu’à évoquer une implication de la Russie, rappelant les faits de piratage du Bundestag en 2015.

L’opposition et certains membres de la coalition critiquent cependant la lente réaction du ministère de l’Intérieur, qui serait selon eux trop concentré sur les question d’immigration

Semaine du 13 janvier – BREXIT : THERESA MAY ESSUIE UN NOUVEAU REVERS

Au Royaume-Uni, le gouvernement de Theresa May a connu une défaite lors d’un vote d’amendement sur une loi budgétaire, ce qui n’était pas arrivé depuis 1978. Déposé conjointement par des élus conservateurs et travaillistes, l’amendement en question vise à limiter la possibilité pour le gouvernement d’accepter un Brexit sans accord avec l’Union européenne.

Même si cette mesure ne peut pas formellement empêcher un « no deal », elle empêcherait le gouvernement de faire varier les tarifs douaniers si l’accord n’est pas signé d’ici au 29 mars, et l’engagement de toute dépense serait soumis soit à un vote préalable du Parlement, soit à un report de la date de sortie de l’Union européenne.

Dans une initiative suspecte vis-à-vis de la constitution – non codifiée au Royaume Uni – , le Président de la Chambre des communes, John Bercow est à l’origine d’une nouvelle mesure obligeant Theresa May à présenter un plan B sous trois jours en cas de décision défavorable sur le vote du Brexit au Parlement. Ce vote, qui avait été reporté sine die par Theresa May le 10 décembre dernier alors qu’il s’annonçait négatif, a finalement été fixé pour le mardi 15 janvier.

Semaine du 13 janvier – ETATS-UNIS : LE « SHUTDOWN » LE PLUS LONG DE L’HISTOIRE

Le « shutdown », autrement dit l’arrêt d’une partie de l’Etat fédéral américain, qui continue depuis le 22 décembre, a dépassé le précédent record de vingt-et-un jours atteint en 1996 sous la présidence de Bill Clinton. Un quart des administrations américaines sont paralysées et de nombreux fonctionnaires non payés. Donald Trump n’a toujours pas reculé face au Congrès et à la force démocrate de la chambre basse, à propos du financement de son mur à la frontière avec le Mexique, qui devrait coûter 5,7 milliards de dollars.

Le président Trump, qui a prononcé une allocution mardi 8 janvier, continue à défendre la construction de son mur, en pointant un « déferlement de violence » dû à l’immigration illégale dans le sud des Etats-Unis, et a même déclaré jeudi sur FoxNews, sa chaîne de prédilection, détenir le pouvoir de déclarer l’Etat d’urgence, lui permettant de contourner le Congrès afin de financer le mur, en débloquant des fonds de l’armée. Il songerait même à utiliser les ressources prévues pour les catastrophes naturelles.

Toutefois, Donald Trump serait contraint de prouver devant la justice américaine le risque que présente l’arrivée de migrants pour la sécurité intérieure. Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, exige du président qu’il « cesse de prendre les Américains en otage ».

Semaine du 20 janvier – LE REGIME SOUDANAIS FACE A LA PROSTESTATION

Depuis un mois, les Soudanais manifestent leur mécontentement face au régime d’Omar el-Béchir, et cet affront est réprimé par la violence. Ainsi, depuis le début de la protestation, on décompte une cinquantaine de morts et plus d’un millier de manifestants arrêtés. 

L’insatisfaction est causée par l’inflation galopante et la corruption généralisée, et était déjà présente depuis la scission Nord/Sud en 2011. La réponse violente du pouvoir en place ne semble pas affaiblir le mouvement, et vendredi encore les cris de ralliements faisaient entendre « Nous ne nous arrêterons pas », « Nous n’avons pas peur ». 

La sortie de crise ne s’annonce pas évidente. Alors que le président voulait modifier la Constitution afin de pouvoir briguer un nouveau mandat aux élections présidentielles de l’année prochaine, il semble bien que la seule issue possible soit la négociation avec l’Association des professionnels soudanais (APS), à l’origine de la contestation. 

Dans le même temps, la diaspora se mobilise, notamment sur le sol français, où des manifestations de soutien ont été organisées à Paris et à Lyon. Leur but est d’informer l’opinion de ce qui se produit au Soudan, comme l’exprime bien l’un de leurs slogans: « Ce n’est pas la balle qui tue, c’est le silence »