MISI Sénégal 2019 – Mexe meen !

MISI Sénégal 2019 – Mexe meen !

Avec son charismatique chef de PE, Jean, cette belle équipe de toubabs a passé un mois incroyable au Sénégal en juillet. Quotidiennement motivés pour arroser, siester, faire du sport, manger et danser (#King Club), ils ont surtout découvert la belle culture des Sérères, et des lions de la Teranga en général. Les centraliens Adélie et Nathanael ont su en profiter pleinement et reviennent dans leur entretien sur ce qui les a poussé à prendre part à l’aventure à Bicole. Les échanges avec les enfants et le respo de l’association locale Dominique les ont tout particulièrement marqués. Sous la tutelle d’Ernest, véritable grand-frère local, ils ont eux aussi vécu leur meilleure vie.

Entretien avec Jean, 3A d’emlyon respo de la MISI

Est-ce qu’en rejoignant Soli tu savais que tu allais faire ça ?

Ouais, dès les entretiens j’avais dit que je voulais être respo Sénégal ou Togo. J’étais plus intéressé par l’Afrique, car c’est une destination qui m’attire car je trouve qu’il y a des problématiques importantes et intéressantes. C’est un continent qui va être important pour les enjeux de demain, même économiques. Je pense que son développement va aussi être quelque chose d’important pour nous car il y a beaucoup d’opportunités pour nous là-bas. Donc aller le voir comme ça, de près, je savais que cela pouvait être quelque chose d’intéressant.

Surtout le Sénégal j’y étais déjà allé. Mais en hôtel, du coup je n’avais pas vraiment eu l’opportunité de vraiment voir le pays, ses habitants, etc. Je trouvais ça cool de pouvoir repartir là-bas, mais plus dans la population, au sein d’un village.

J’ai su que j’étais responsable Sénégal dès les élections peu de temps après nos cooptations en mars de 1ère année, mais j’ai commencé à le préparer à partir de décembre 2018 quand j’ai eu le rapport de passation du respo de l’année d’avant. À partir de là j’ai pu commencé à envoyer les premiers mails à l’association sur place et on a commencé à définir le projet : voir ce que l’on pouvait faire sur place et ce dont ils avaient besoin, le budget, etc.

Avec l’association présente sur place, comment ça s’est passé ?

La mission existe à la base car il y a un des membres de Soli d’il y a trois ans dont la mère était membre de Keur d’Afrique. Du coup ils nous avaient proposé de faire une mission avec eux car ils avaient besoin de jeunes pour aller là-bas et faire ce dont ils avaient besoin. Keur d’Afrique n’est pas notre interlocuteur principal sur place (http://www.keurdafrique.fr) mais pour définir le projet ils sont tout de même présents parce que ce sont eux qui rapportent la majorité des fonds à Caritas. Ainsi, ils ont tout de même envie de chapeauter le projet. Je les ai rencontré également. Keur d’Afrique y va souvent là-bas, plusieurs fois par an. C’était intéressant d’échanger avec eux.

J’ai plus échangé avec Keur d’Afrique au début pour voir les projets seulement avec Dominique, le responsable de Caritas au Sénégal (https://www.caritas.org/where-caritas-work/africa/senegal/). Mais je l’ai contacté également pour voir ce dont lui avait besoin sur place, en fonction du contexte. Par la suite, j’échangeais avec ces deux interlocuteurs pour définir notre mission ainsi que pour les tenir informés de l’état d’avancée.

Dominique nous a d’abord demandé ce que nous voulions faire. Ce à quoi j’ai répondu “Ce n’est pas ce que nous avons envie de faire, c’est ce dont vous avez besoin.” Il m’a donné une liste des choses dont ils avaient besoin : le plus gros projet c’était la reforestation, apport de fournitures scolaires, etc. Ils n’ont pas suggéré le soutien scolaire mais nous l’avons mis en avant, même si au final nous n’en avons pas fait sur place ; ce qui est dommage car c’est là que nous aurions vraiment pu être utiles, avec une réelle valeur ajoutée. Mais je pense qu’ils ne réfléchissent pas comme ça, se concentrant plus sur les besoins de main-d’oeuvre.

Est-ce que la période en amont s’est bien passé ? Sur tout ce qui constituait la levée des fonds ?

A posteriori, je trouve que ça s’est bien passé car on a quand même réussi à récolter plus que ce qui était demandé. Mais après c’est vrai que sur le moment ce n’est toujours quelque chose de très agréable, car il faut relancer les gens. Même-moi l’ensachage n’était pas l’activité qui me plaisait le plus même si c’était marrant de discuter avec les gens, de leur présenter le projet.

En vrai ça s’est bien passé, chacun a fait son taff. Et on a fait quelques trucs annexes nous permettant de récolter de l’argent en plus, comme les paris, donc ça c’était bien. Le seul bémol je pense, c’était les team-buildings : on en a pas fait beaucoup. Je lisais les rapports d’étonnement des centraliens qui soulignaient qu’on parlait beaucoup de l’em, ce qui est vrai.

Est-ce que je peux avoir ton ressenti sur toute l’aventure ?

Pour moi ça s’est très bien passé. Tout le monde a donné du sien. Pendant les tâches physiques, les gens étaient plus ou moins déterminés, et ça c’est normal. Je pense que c’est bien aussi que tout le monde puisse aller à son rythme.

Non c’est bien parce qu’au final il n’y a pas de problèmes : pas de tensions au sein de l’équipe, pas d’hospitalisations, etc. Le seul truc un peu compliqué c’est que forcément il y avait des affinités, donc il fallait essayer de jongler un peu avec tout le monde, qu’à table tout le monde se mélange un peu, mais ça ce n’est pas évident. Au niveau de l’équipe, franchement je suis super content de celle qu’on a eu : on s’est tous bien entendus globalement.

Après, concernant l’organisation sur place avec l’asso, c’était “à l’africaine” : il n’y avait pas tout le temps les bons moyens, il manquait parfois d’arrosoirs, de pelles. Peut être pour l’année prochaine ramener du matériel, ou alors financer l’achat d’équipement sur place (ou à Dakar) afin de stimuler l’économie locale. Nous cela nous aurait permis d’alterner, notamment pour le puit. De plus, on parlait tous les jours avec l’association locale de faire du soutien scolaire mais ça ne s’est pas fait, mais ça après je pense qu’ils avaient leurs idées, ils ne voulaient pas trop nous fatiguer, etc. Ils nous traitaient un peu comme des rois donc après c’était compliqué de leur faire entendre le contraire.

Mais globalement, que ce soit avec l’association ou avec l’équipe, ouais ça s’est très bien passé, je suis très content.

Vous aviez quel encadrement sur place ?

C’était un jeune de 25 ans de Bicole, Ernest le sang, qui travaille pour Caritas. Il est payé pour s’occuper des jardins, des femmes et de manière générale de toute l’agriculture : c’est un peu lui qui gère tous les nouveaux projets financés par Keur d’Afrique. Il avait beaucoup de boulot mais trouvait toujours le temps de nous dire nos tâches, de manger avec nous, de bien s’occuper de nous en somme. Très dynamique, il est essentiel pour Bicole. C’était sympa d’être encadré pendant toutes les trois semaines, nous assurant une continuité et un lien avec le village, de ne pas simplement rester entre nous.

Quel est ton highlight personnel, s’il y en avait un ?

Peut-être que le moment qui m’a le plus marqué, c’est l’arrivée. Quand ils nous ont fait une fête à laquelle on ne s’attendait pas, avec des cadeaux et des danses. Beaucoup de cacahuètes à ne plus savoir quoi en faire.

Mais c’est surtout le fait de ne pas s’y attendre. Au retour, on le savait qu’il y aurait une fête, et c’était moins exceptionnel. Mais là pour l’arrivée, c’était incroyable. Limite gênant car tu arrives et tu es applaudi par tout le monde alors que tu n’as encore rien fait, même si nous avions levé de l’argent. C’était très marquant.

Et même tout le séjour en vrai c’était un highlight, car je n’ai eu aucun moment où j’ai été down. Je n’ai pas eu de maladie contrairement à quelques touristas dans l’équipe.

Vous avez fait un road-trip à la fin de vos trois semaines ?

Oui et on a repris quasiment en entier ce que ceux de la mission de l’année précédente avaient fait parce que c’était les trucs un peu phares à faire au Sénégal. C’était sympa et assez intense, avec pas mal de routes pour tout voir, des réveils tôt. J’ai adoré ce road trip car on a vu des endroits magnifiques et des paysages totalement différents : mangroves, désert, plages. On a pu voir pleins de choses, rencontrer des gens, un chauffeur génial.

Un moment marquant de ce road trip ?

Un moment marquant je ne sais pas. Moi ce que j’ai préféré c’est Keur Bamboung. Un moment incroyable, très relaxant. En plus ça tombait bien car c’était juste après le PE et on a bien pu se détendre avec la plage, les baignades. La balade dans les mangroves, la découverte de la flore sénégalaise, c’était très instructif, tout comme l’île aux oiseaux et l’île aux coquillages.

Nianing ce n’était pas ouf même si c’était sympa d’avoir une piscine, mais pas incontournable. Après, Loumpoul aussi c’était top, j’ai adoré. Vraiment une expérience incroyable que de dormir dans des tentes dans le désert comme ça. Le quad très sympa. Finalement, Dakar était le plus épuisant pour moi : ça bourdonne de partout. Typiquement, la matinée où l’on devait rencontrer le ministre, on a fait 2h de bagnole pour aller au resto, c’était l’enfer.

Un ministre ?

Oui, alors c’était un secrétaire d’État du Ministère des Affaires Étrangères, qui s’occupe de la diaspora sénégalaise. C’est en fait le cousin d’Ernest, qui s’occupait de nous pendant la mission. On a eu l’occasion de le rencontrer à Dakar, c’était un peu compliqué pour qu’il se fasse un trou dans son emploi du temps (6h de retard au rendez-vous). C’était très instructif, d’avoir la vision d’un jeune politicien qui a la volonté de développer son pays et de tout faire pour que tout se passe bien.

Dakar était fatiguant, notamment la route. Aussi quand on se faisait accoster lors de nos excursions. Heureusement qu’on avait Badou le sang avec nous (notre chauffeur), et Ernest aussi. On a vu des choses intéressantes, et l’île de Gorée le dernier jour c’était aussi incroyable, l’un des meilleurs moments du road trip !!

 


Entretien avec Adélie, et Nathanael, étudiants de Centrale Lyon et membres de cette MISI

…. Comment avez-vous vécu ce PE en tant que centraliens ? 

Adélie : Pendant le mois au Sénégal, je ne trouvais absolument pas ça gênant parce que vous n’en parliez pas tant que ça et au pire ça nous fait découvrir d’autres choses. C’est plus avant en fait, où vous ne parliez que de ça et vous ne nous incluiez pas dans la discussion.

Nathanael : Oui c’est plus pour les team buildings que c’était dommage. Après c’est un peu logique aussi, les emliens ne se connaissaient pas entre eux. Et c’est aussi intéressant mine de rien parce que j’en ai appris pas mal sur votre école.

Ensemble : Après si tu sais à l’avance que c’est quelque chose à éviter ça peut être bien.

C’est quand que tu as su que tu voulais prendre part à ce PE ?

Nathanael : Alors moi j’ai toujours voulu faire de l’humanitaire. C’est un projet qui me tenait à coeur depuis la Terminale, sauf qu’avec la prépa et tout je n’ai jamais trop eu le temps de m’y mettre vraiment. J’ai eu l’occasion à Centrale.

Sachant que le Sénégal ça m’attirait beaucoup. Ça vient peut être un peu de Booba je pense, c’est un peu con dit comme ça mais bon, et le football aussi. Je voulais aller en Afrique Noire aussi, le Sénégal c’était la destination qui me paraissait la plus proche de moi, de ma culture. Du coup j’ai directement sauté sur l’occasion.

Adélie : Je voulais faire de l’humanitaire à partir de 14-15 ans. J’ai eu mon bac à 16 ans, et avant t’es trop jeune, et après j’ai eu direct ma prépa.

Je voulais aussi partir en Afrique Noire, je pense que c’est grâce à Kirikou. Ça faisait rêver. Mon père a passé deux ans au Sénégal et ne m’en avait parlé qu’en bien.

Mais pourquoi de l’humanitaire ?

Nathanael : Disons que je me sens un peu inutile dans ma vie de connard occidental. C’est pas en regardant Netflix et en mettant des statuts Facebook que je vais sauver le monde. Donc je me dis qu’en faisant de l’humanitaire, je fais un truc concret.

Adélie : Je pense que c’est le côté aventure, découverte d’une autre culture. Je me sens pas vraiment utile en faisant de l’humanitaire, parce que oui on a planté des trucs mais ce n’était pas une prouesse pour l’Afrique. 

Comment s’est déroulé le processus de recrutement à Centrale ?

Nathanael : J’en avais entendu parler par ma copine qui avait fait la même chose à Madagascar. En janvier, on nous a relancé, puis une présentation de tous les projets. Lors des entretiens on essayait de voir si on était solide psychologiquement.

Ensemble : On avait plus entendu parler de Madagascar, dont la team PE est constituée moitié-moitié entre Centrale et l’em. 

Comment s’est déroulée la période précédant le départ ? Est-ce que ça vous a appris des choses sur la gestion de projet, l’organisation, etc. ?

Nathanael : En tant que respo ensachage, je me souviens que les gens ne remplissaient pas vraiment leurs dispos. Mais tu en tires des enseignements car parfois tu dois donner du tien pour palier au manque de motivation de certains.

De manière générale, je pense que ça m’a appris mine de rien à partir de rien avec des gens et de s’en rapprocher malgré tout.

Adélie : Sur l’organisation d’une équipe c’est instructif.

Ensemble : Les powerpoint du chef étaient très quali, si tu veux faire un truc clean faut faire un bon powerpoint.

sur place

Vous étiez où exactement sur place ?

Ensemble : À Bicole, à 5h de route en bus de Dakar. C’est complètement perdu. Il y a deux trois terrains de foot, une boutique où ils vendent de la boisson énergisante (3x) et des balais. Petit village au sein d’un groupement de villages (environ 3 000 habitants).

C’était comment les conditions de vie sur place ?

Nathanael : Pour moi c’était bien moins rude que ce que j’aurais pu imaginer. Ce n’était pas si horrible car on avait accès à deux toilettes, à l’eau courante malgré quelques problèmes avec la douche, des matelas confortables, une moustiquaire, une hutte étanche bien entretenue. Alors certes il y a des gros insectes, certes les sanitaires ne sont pas toujours propres, certes il faut réparer la chasse d’eau, mais en soi je trouve que ce n’était pas si hardcore que ça.

Adélie : Pour moi ça se rapprochait vraiment plus du camping. Ce n’était pas inconfortable. Ce qui m’a surpris c’est qu’il n’y avait que du sable, du sable mou. Je m’attendais plus à de la terre sèche.

Nathanael : Peut-être que le bail de mettre de la crème solaire en permanence c’était embêtant. 

Adélie : Les meufs se mettaient en débardeur et ça c’est un peu crétin. J’aimerais bien citer Maëlle B (rires).

Mais avant le départ, je ne parvenais pas du tout à m’imaginer à comment on serait accueillis sur place. 

C’était quoi votre journée type ?

Adélie : Le matin on allait arroser de 9h à midi (tous les jours), on puisait l’eau au puit. Puis pause repas, puis petite sieste. Ensuite on repartait arroser (tous les jours).

Des fois on allait courir le matin à 6h avant le petit-dej, et parfois après la sieste, en plus de jouer aux cartes on faisait de la muscu. On a fait de nombreux foots avec les jeunes adultes du village, garçons et filles mélangés. J’en étais étonnée. En France, les mecs limite ils t’ignorent si tu veux jouer avec eux alors qu’au Sénégal, où la culture est quand même plus sexiste, je ne m’attendais pas à ce que les mecs acceptent de jouer avec nous. Ils étaient beaucoup plus accueillants qu’en France : ils nous passaient le ballon, attendaient qu’on prenne notre temps, etc.

Je trouve que la culture y est plus sexiste. Ensuite, c’est un peu cliché de dire ça mais c’est une culture où les hommes vont au champ, les femmes s’occupent du foyer.

Ce qui m’a choqué, c’était l’enchaînement des questions des jeunes sénégalais : Bonjour, t’as quel âge ? et est-ce que tu es mariée ? 

Est-ce qu’ils ont organisé des choses pour vous sur place ?

Ensemble : On a eu droit à un énorme comité d’accueil, avec beaucoup de cadeaux (beaucoup de cacahuètes), des danses locales.

Adélie : Je trouve qu’on était un peu idéalisés à notre arrivée, par rapport à l’effort fourni pour les aider.

Nathanael : Oui je me dis aussi que j’aurais pu en faire plus quand je vois comment ils nous ont accueillis, avec autant de gentillesse et de gratitude. 

Ensemble : On a eu un tournoi de lutte organisé pour nous. C’est assez impressionnant. Ça aurait été sympa qu’ils nous expliquent les règles d’abord, et tout l’aspect mystique qu’il y a derrière.

Le soir du départ. Le soir du match Algérie-Sénégal, la finale de la CAN, lorsque le Sénégal a perdu, très triste histoire. Ils nous ont organisé une petite soirée d’adieu durant laquelle ils ont organisé un concours de danse pour les enfants en présence des joueurs de tam tam traditionnel. Pour les remercier, nous avons aussi fait des danses européennes pour eux, sur la place centrale du village.

Quel a été votre moment marquant sur place ?

Nathanael : Alors c’était quand je discutais avec Dominique, le responsable de l’association locale. On parlait de polygamie et il nous disait que les chrétiens pouvaient se marier avec plusieurs femmes. C’était fort.

Et ce qui m’a marqué, c’est que les sénégalais ne se soucient pas de ta confession, ils la respectent. Ils sont très ouverts les uns vers les autres. Très peu d’hostilités entre les gens. Ce sont vraiment les Lions de la Teranga (surnom de l’équipe de foot).

Adélie : J’en ai plusieurs.

Quand les enfants venaient nous voir, ils nous idolâtraient. On a développé de belles relations en échangeant avec ces enfants. Ils nous mettaient trop sur un pied d’estale. Ce qui m’a vraiment marqué c’est le sens de l’accueil qu’ils ont. Même en te sentant étranger, tu te sens bien. 

Qu’est ce qui vous a marqué pendant votre roadtrip ?

Adélie : Ce qui m’a le plus marqué c’est Keur Bamboung. Quand on est allé courir à 6h du matin au lever du soleil, enchaîné par une balade dans les mangroves, voir pleins d’animaux, faire de la pirogue. C’était incroyable.

Nathanael : Dans le bon sens du terme, je pense que c’est aussi ce qui m’a le plus marqué. Je n’avais jamais vu de mangroves, ça m’a surpris d’en voir, on a vraiment l’impression d’être sur une autre planète. D’un autre côté, nos cases étaient sur une petite île paradisiaque , et après trois semaines d’humanitaire où t’es dans la crasse, c’est dingue. Tout est calme, très agréable.

Dans le mauvais sens du terme, ce qui m’a le plus marqué, c’est Nianing, une station balnéaire pour les touristes riches. Le contraste avec la misère est flagrant, ça m’a fait un peu culpabiliser d’aller là-bas. C’était trop, pour des gens qui n’ont rien à côté.

Et dans l’hôtel où on était là-bas à Nianing, toute la culture sénégalaise disparaissait. C’était bizarre, et éthiquement anormal.

Parmi les choses que vous avez visité, qu’est-ce que vous retenez ?

Nathanael : C’était à Bicole quand un guide nous a fait découvrir la forêt des baobabs, sacrés dans la région. Nous expliquant qu’avant l’arrivée des musulmans, ils étaient animistes et avaient un grand respect pour la nature.  C’est dans ces baobabs qu’ils enterraient les griots, ceux qui transmettaient les histoires au fil des générations en jouant au tambour. Je trouvais ces arbres très reposants.

Recommanderiez-vous de faire un PE à quelqu’un de Centrale ?

Ensemble : J’ai vraiment adoré ce voyage donc oui, faites-le. Et rencontrer des gens hors de Centrale, c’était génial. Il faut sauter sur l’occasion.